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Monument dragon

N'entre pas qui veut au cimetière

Shanny Hallé | TVA Nouvelles

On ne choisit pas ce que l'on veut comme monument funéraire. Certains symboles ne sont pas les bienvenues au cimetière. À Plessisville, un hommage posthume avec un dragon n'a pas été possible.

Un dragon comme monument funéraire a été fabriqué pour honorer la mémoire d'un jeune garçon de 13 ans, de Plessisville, décédé en juillet dernier de problèmes cardiaques. Passionné par le monde médiéval, l'adolescent adorait les dragons.

Mais, le symbole de l'animal mythique dérange l'Église Catholique.

«Le dragon représente le mal. Le dragon n'est pas notre ami, on essaie de le détruire.» Explique le curé Serge Lavoie.

gracieuseté | www.lanouvelle.net

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«Il est le symbole qui représente le démon, les forces des ténèbres. C'est pourquoi il n'est pas accepté ou acceptable dans un cimetière à priori. Mais ce que les cimetières veulent d'abord représenter l'état de la vie éternelle», explique l'abbé Alain Pouliot de l'archidiocèse de Québec.

La paroisse Notre-Dame-des-Érables est responsable de la gestion du cimetière. Elle a refusé à la famille la possibilité d'utiliser la statue en forme de dragon comme monument funéraire.

«Si on installe un dragon dans un cimetière catholique qui est un lieu de repos, l'image ou la représentation du mal à l'intérieur vient réveiller, vient déranger», ajoute le curé Lavoie.

On aperçoit pourtant d'autres monstres, comme des gargouilles nichées dans les gouttières des églises gothiques comme ici à la cathédrale de Sherbrooke. Les gargouilles sont toutefois considérées comme des gardiens des lieux sacrés.

«Les gargouilles sont à l'extérieur de l'église, elles n'entrent pas«, explique le curé Lavoie.

Par respect pour les défunts et ceux qui viennent se recueillir au cimetière, la paroisse souhaite conserver la quiétude des lieux.

«Si on fait des règlements dans des cimetières c'est parce que il y a des personnes qui pourraient faire n'importe quoi et laisser libre cours à leur imagination», précise le curé Lavoie.

Joint au téléphone, le père du garçon a confirmé à TVA Nouvelles qu'il comprend la position de la paroisse qui souhaite éviter tout dérapage. Les deux parties sont disposés à trouver un compromis.