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Critique

«Chuck»: Le vrai Rocky Balboa

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI    

Dans ce film américain réalisé par Philippe Falardeau, Liev Schreiber incarne Chuck Wepner, l’homme qui inspira Sylvester Stallone pour son personnage de «Rocky».

Dans les années 1970, Chuck est un boxeur qui accumule les petits boulots pour vivre. De son propre aveu, il n’a rien d’exceptionnel et ne vaut pas grand-chose, même son mariage avec Phyllis (Elisabeth Moss, excellente comme toujours) bat de l’aile, le sportif étant un coureur de jupons.

Le grand événement de sa vie est la proposition qui est lui est faite de se battre contre le champion du monde Mohammed Ali en 1975. Le combat, qui dure 15 rounds pendant lesquels Chuck s’en prend plein la figure, inspire un certain Sylvester Stallone (Morgan Spector) dont le «Rocky» fait un tabac et est récompensé aux Oscars.

Cette rencontre fait de Chuck une star et, rapidement, il tombe dans l’engrenage des bars, des filles, de l’alcool et des drogues au point que Phyllis, pourtant patiente, le quitte. On note également l’impressionnante brochette d’acteurs de soutien dont Ron Perlman en gérant de Chuck, Naomi Watts en serveuse et Michael Rappaport en frère du personnage principal.D’entrée de jeu, Philippe Falardeau (nommé aux Oscars pour son «Monsieur Lazhar») montre qu’il ne traitera pas Chuck Wepner en héros.

L’homme - parfaitement joué par Liev Schreiber - est loin d’être parfait, accumule les échecs et prend un malin plaisir à s’autosaboter. Aidé par une trame sonore apte à raviver la nostalgie des années 1970 (coiffures, décors, accessoires et costumes inclus), le cinéaste de chez nous montre un «Chuck» (le titre de la version originale est «The Bleeder», autrement dit «celui qui saigne», surnom donné au boxeur en raison de sa propension à verser son hémoglobine dans les rings) dont la descente aux enfers sera aussi accompagnée d’une certaine rédemption.

C’est aussi le reproche qu’on peut faire au long métrage. Aucune grandiloquence, aucun dépassement de soi, et le spectateur ne peut se défendre d’éprouver une immense pitié pour cet homme qui n’a pas eu de chance.

Note: 3.5 sur 5