/finance/homepage

Pipeline Énergie Est

Enquête publique sur l’ONÉ et Charest: le nouveau comité rejette la demande

Agence QMI

Stevens LeBlanc/AGENCE QMI

La demande d’enquête indépendante de groupes environnementaux pour faire la lumière sur la rencontre entre l’Office national de l’énergie (ONÉ) et l’ex-premier ministre du Québec Jean Charest qui travaillait pour TransCanada a été rejetée, a fait savoir l’ONÉ mercredi.

En août dernier, le «National Observer» révélait avoir mis la main sur des documents prouvant que le controversé pipeline Énergie Est était à l’agenda d’une rencontre survenue en janvier 2015 entre l’ex-premier ministre du Québec Jean Charest et des représentants de l’ONÉ.

La révélation de cette information avait créé une vive controverse au sujet de l’impartialité du processus d’évaluation du projet. Les séances de consultation pour le projet de pipeline Énergie Est à Montréal avaient dû être suspendues et trois membres du comité ont dû se récuser.

Plusieurs groupes citoyens et environnementaux, dont Stratégies Énergétiques (S.É.) et l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), avaient demandé au gouvernement fédéral de déclencher une enquête indépendante pour faire «la lumière sur la rencontre secrète».

Dans sa décision publiée mercredi, les nouveaux commissaires de l'Office ont rejeté la demande d’enquête et la convocation d’une audience spéciale sur les événements qui ont entraîné la récusation du comité précédent.

«L’enquête demandée ne serait pas utile à l’objectif d’évaluation des demandes relatives à Énergie Est et au Réseau principal Est. Puisque le comité est nommé dans le seul but d’effectuer l’évaluation, il n’a pas le pouvoir d’ouvrir une enquête sur des événements passés», peut-on lire dans la décision.

Le comité rappelle également que les membres actuels ont été nommés le 8 décembre 2016, après la récusation du comité précédent et souligne que les mesures annoncées depuis «suffisent pour préserver son intégrité et celle de l’audience».

Par ailleurs, le comité a également rejeté la demande concernant le versement au dossier de l’audience «des renseignements et documents liés aux réunions ayant entraîné la récusation du comité précédent, ou toute autre réunion de même nature».

Dans leurs demandes faites à l’automne 2016, les groupes estimaient que «l'évaluation d'Énergie Est se poursuit selon l'ancien système mis en place par le gouvernement Harper», et ce, malgré la «la soi-disant "réforme" de l'ONÉ en cours».

«Tout le scandale “Charest” est symptomatique des problèmes profonds au sein de cette institution. Seule une enquête nous permettrait de saisir comment la structure et les réseaux d’influence de l’ONÉ ont pu permettre ces dérives», soulignait André Bélisle de l’AQLPA, en mars dernier.

Dans la même catégorie