/finance/homepage

Investissement prévu de 12 millions$

Transformation de bleuets à Roberval: beaucoup de questions

Jean-François Tremblay | TVA Nouvelles

Est-ce que le projet d'usine de transformation de bleuets à Roberval, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, est vraiment ficelé?

Les espoirs ont été ravivés, il y a deux semaines, pour cette construction qui sera située tout près de la prison de Roberval, quand on a annoncé un investissement de 12 millions$ devant créer 150 emplois grâce à la mise en chantier des nouvelles installations dès cette année.

Après vérification des dires du promoteur, le montage financier ne semble pas très avancé.

Le président de Bleuets de choix, Yvon Gaudreault, affirme que trois ou quatre investisseurs privés sont prêts à financer 80% du projet, que le Groupe Mallette les a trouvés et continue de parler à d'autres partenaires.

«Les financiers qu'on est en train de contacter par l'entremise du Groupe Mallette sont en train de s'organiser», a dit Yvon Gaudreault.

Chez Mallette, on nie catégoriquement. Le cabinet n'a aucun mandat, ne fait pas de démarchage, a parlé quelques fois au promoteur, sans plus.

Autre affirmation du promoteur: les plans de l’usine sont prêts. Ils ont été faits par Proco, une entreprise aussi disposée à investir.

Vérification faite, l'équipe des ventes de Proco a dessiné une seule page d'un plan préliminaire et a fourni une estimation sommaire des coûts. Le président-directeur général de Proco, Jean-Denis Toupin, parle toutefois d'une simple idée d'un bâtiment et qu'il n'est pas question de financement provenant de son entreprise.

Bleuets de choix se demande aussi pourquoi Québec et Ottawa ne lui donnent pas signe de vie.

«Les gouvernements n'ont pas encore réagi, d'aucune façon. Ils sont au courant de notre projet, a dit Yvon Gaudreault. On a mis la pancarte. On a identifié notre site. Le gouvernement, aucun téléphone», a-t-il résumé.

Bleuets de choix a signé une promesse d'achat du terrain d’une superficie de 160 000 pieds carrés avec la Ville de Roberval, le 11 mai dernier. Le coût serait de 45 000$, frais d'infrastructures inclus. Un terrain évalué à 1,10$ le pied carré, mais vendu à 0,25$ le pied carré.

«Le terrain, oui, c'est notre intention avant le 6 juillet. On a fait une offre d'achat», a indiqué le président Gaudreault, relativement à son intérêt à acquérir l’emplacement.

Cependant, avant d’approuver la transaction, l’acheteur doit déposer son approbation de financement et il doit s'engager à construire un bâtiment d'au moins 8000 pieds carrés au plus tard le 31 décembre 2018. Sinon, la Ville reprendra le terrain.

Il y a deux semaines, le maire de Roberval, Guy Larouche, se réjouissait de ce projet. Il nous avait déclaré: «Un boom économique probablement à prévoir. On est vraiment contents».

Aujourd’hui, il admet qu’il n'avait pas vérifié auprès des investisseurs.

«Ce n'est pas le rôle de la Ville de faire des vérifications au niveau d'un promoteur. Ce serait extrêmement mal perçu, également. On se fie toujours aux gens qui viennent nous rencontrer», a dit le maire Larouche.

Selon lui, la Ville est protégée concernant la vente du terrain. «Le terrain appartient toujours à la Ville de Roberval. C'est une offre d'achat, comme d'habitude, qui est toujours pour une période de trois mois et qui peut être renouvelable. On reste confiant en notre promoteur et on est convaincu qu'il trouvera le financement, peu importe la manière.»

Le Centre local de développement confirme qu'il y a un dossier ouvert et qu'il est actif, on ne fait pas de commentaires, car les politiques de l'organisme lui interdisent de divulguer davantage d'information.

Dans la même catégorie