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Exposition au Musée national des beaux-arts du Québec

Deux tableaux précieux quittent la chapelle des Ursulines

Marie-Christine Leblanc | TVA Nouvelles

Le moment était presque solennel, vendredi matin, dans la chapelle des Ursulines à Québec. Une équipe d’une dizaine de personnes a procédé au décrochage de deux tableaux en vue de l’exposition «Le fabuleux destin des tableaux des abbés Desjardins», qui sera présentée à compter du mois prochain au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ).

Près de trois heures ont été nécessaires pour assurer le déménagement en toute sécurité des œuvres.

«Ce sont des œuvres fragiles, les encadrements sont dorés à la feuille d’or. Les tableaux sont anciens, donc ça prend des interventions délicates et tous les techniciens sont aguerris et familiers avec ce genre d'opération là», a confié le conservateur de l’art ancien au MNBAQ, Daniel Drouin.

Le premier tableau, intitulé «Le Christ apparaissant à des religieuses», est accroché au-dessus de l’hôtel, dans la chapelle extérieure, depuis plus de 200 ans. Le chœur des religieuses lui fait face lors des cérémonies depuis des décennies.

Le second a une fabuleuse histoire. Intitulé «Le Christ prêchant», il a été réalisé pour les appartements de la reine de France, Marie de Médicis, à Paris.

Déjà, on sent l'engouement pour cette exposition qui sera présentée dès le 15 juin dans l’enceinte du nouveau pavillon Pierre Lassonde du MNBAQ. Le conservateur n’est pas surpris qu’elle fascine plusieurs générations.

«Ça intéresse tout le monde dans la mesure où c'est notre histoire et pendant des siècles, les églises, c'était nos musées, a dit M. Drouin. Donc, les plus belles œuvres d'art, les plus belles peintures, sculptures et orfèvreries s'y trouvaient et s'y trouvent toujours.»

Une douzaine d’églises de la province ont prêté des tableaux réalisés entre le 17e et le 18e siècle pour l’exposition. Des œuvres qui ont même été saisies pendant la Révolution française. Et certaines ont eu un impact majeur pour le Québec.

«Une fois qu’ils (les tableaux) sont arrivés ici, il fallait les remonter parce qu’ils sont arrivés enroulés. C’est comme ça que les premiers artistes québécois se sont formés en les remontant, en les restaurant et en les copiant», a raconté Daniel Drouin.

Nathalie Perron, coordonnatrice en muséologie au Pôle culturel du Monastère des Ursulines, espère que les visiteurs auront envie d’en savoir plus sur l’art religieux.

«Nous, on conserve sept tableaux sur les murs de la chapelle. Une chapelle magnifique d’ailleurs. On espère que les gens auront envie de venir nous voir. Nous sommes ouverts tous les jours», a-t-elle dit.