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Elle aurait raconté à la SQ avoir été enlevée

Karine Major aurait-elle eu des remords?

TVA Nouvelles

Retrouvée en Saskatchewan après avoir manqué à l’appel durant huit jours, Karine Major aurait raconté aux enquêteurs de la SQ qui se sont rendus la rencontrer dans l’Ouest qu’elle avait été enlevée par un autostoppeur. Ce mensonge pourrait lui valoir une accusation de méfait public.

Pourquoi a-t-elle inventé cette histoire? Le psychologue Hubert Van Gijseghem avance une hypothèse.

«C’est un étrange événement. Elle décide de s’en aller et par la suite, elle fait un genre de récupération de ses motivations. Je me demande si ce mensonge-là qui est quand même toute une construction [de l’esprit], si elle a conçu ça a priori donc avant de quitter [Rimouski] ou par la suite en cours de route», se questionne l’expert psycholégal.

Le mardi 9 mai, la chimiste de 26 ans n’est jamais entrée au travail comme prévu. Elle n’a pas appelé afin de dire qu’elle serait absente ni averti son conjoint Alexandre Livernoche, pas plus que sa mère, son frère et sœur semant l’inquiétude dans tout son entourage. Ne la voyant pas revenir, ils ont joint la police.

Des regrets

«Quand elle part, c’est une fugue. Elle veut laisser une impression aux membres de sa famille. Elle a peut-être regretté cette idée-là. Elle a donc par la suite dit que ce n’était pas voulu [de fuir], qu’elle avait simplement été enlevée. On ne sait pas, on n’a pas assez de données, mais c’est très étrange», expose Hubert Van Gijseghem.

Le psychologue croit que malgré tout ce qu’elle a laissé derrière, la semaine dernière, Karine Major croyait y trouver quelque chose de meilleur. «Vu qu’elle est partie, ça veut dire que les bénéfices étaient plus grands que les coûts pour elle, même chose quand elle a menti à la police. Pourquoi mentir? Pourquoi s’exposer à une accusation de méfait? Elle aimait mieux mentir à la police que d’admettre à sa famille qu’elle était partie d’elle-même.»

Le retour au Québec, dans sa famille et au travail risque d’être difficile pour la jeune femme et ses proches après toute la médiatisation de sa disparition avise le psychologue.

«Une fugue a des conséquences épouvantables pour son entourage à court terme. Est-elle morte? A-t-elle été tuée? Et comme c’est souvent le cas, quand une femme disparaît, on regarde les proches, le conjoint. Ce conjoint-là a dû se promener avec la drôle d’impression que tout le monde pensait qu’il l’avait fait», conclut Hubert Van Gijseghem.

Jeudi, Karine Major a été mise en état d’arrestation par la SQ. Elle pourrait faire face à une accusation de méfait public si le DPCP va de l’avant avec les accusations.

 

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