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Conseil des Montréalaises

La question de la traite des femmes durant la F1 sera étudiée

Agence QMI

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PIERRE-PAUL POULIN/LE JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI

Le Conseil des Montréalaises évaluera l’existence et l’ampleur du phénomène de la traite des femmes et des filles lors du Grand Prix du Canada de Formule 1, à la demande du maire de Montréal, Denis Coderre.

Organisme consultatif de la Ville se consacrant aux questions relatives à l'égalité entre les femmes et les hommes ainsi qu'à celle de la condition féminine, le Conseil des Montréalaises aura le mandat d’aider l’administration municipale avec cette problématique.

«C’est un sujet qui me préoccupe personnellement. J'ai d'ailleurs eu l'occasion d'en discuter avec les premiers ministres Trudeau et Couillard récemment», a souligné vendredi le maire Coderre.

Pendant trois ans, le Conseil aura pour mandat d’accumuler les données et observations possibles, et pourra fournir des recommandations sur comment lutter contre le phénomène.

«Nous comptons effectuer toutes les démarches nécessaires pour recueillir l’information existante en provenance des nombreux organismes qui se préoccupent du phénomène de la traite des femmes et des filles», a expliqué Cathy Wong, la présidente du Conseil des Montréalaises.

Selon les services policiers, les événements d’envergure internationale – comme le Grand Prix du Canada, qui se tiendra cette année les 9, 10 et 11 juin à Montréal – entraînent un fort achalandage dans la métropole et, par conséquent, une plus grande demande pour les services sexuels.

L’an dernier, la police de Montréal et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avaient mené une campagne de sensibilisation en matière d’exploitation sexuelle.

Forte «demande» pendant le Grand Prix

Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) a salué cette initiative vendredi, en soulignant que la «demande» sexuelle s'intensifie habituellement quand la F1 débarque en ville.

«Les femmes qui fréquentent la CLES, qu’elles soient encore dans l’industrie, qu’elles tentent de la quitter ou qu’elles en soient sorties nous le disent depuis des années: le recrutement de jeunes femmes s’intensifie toujours à quelques semaines de cet événement», a écrit l'organisme dans un communiqué.

La CLES, qui dit que plusieurs annonces douteuses se retrouvent sur des sites en ligne, affirme que pour répondre à la forte demande, des femmes de l’Ontario et même des États-Unis sont recrutées. «Des proxénètes proposent aux femmes d’être escorte ou hôtesse; de faire un coup d’argent rapide et de vivre une fin de semaine de luxe et de "glamour" en jouant les "girlfriend experience". Mais au final, c’est de prostitution dont il est question».