/news/politics

Congrès de Québec solidaire

Les électeurs ont soif de changement, estime Amir Khadir

Patrick Bellerose | Journal de Québec

Le sondage Léger-«Le Journal»-«Le Devoir» publié samedi démontre que les Québécois souhaitent un «déblocage de la situation politique», affirme le député solidaire Amir Khadir.

«Ça montre que les gens ont envie que les choses bougent en politique», a-t-il analysé peu avant le début du congrès de Québec solidaire qui s’est ouvert samedi matin à l’UQAM.

Le coup de sonde démontre qu’une alliance entre le Parti québécois et Québec solidaire remporterait 39 % des voix en 2018 et permettrait de battre le PLQ et la CAQ. Les membres de QS seront appelés à voter sur un scénario d’alliance électorale en fin de journée dimanche.

Même son de cloche du côté de sa collègue, Manon Massé. «Pour nous, ce sondage-là exprime comment les Québécois et Québécoises ont besoin qu’on rebrasse quelque chose. Qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans le système actuel», dit-elle.

Les Québécois se sentent «pris en otage par le mode de scrutin» actuel, a-t-elle affirmé.

Convergence

Toutefois, l’issue du débat qui aura lieu ce week-end sur la convergence demeure imprévisible. Selon Manon Massé, aucune tendance claire ne se dessine pour le moment. «Il y a du monde qui opte pour les quatre options un peu partout à travers le Québec», assure-t-elle.

Amir Khadir, lui, milite en faveur d’un pacte électoral avec le PQ. Sa proposition suggère uniquement un échange de circonscriptions, sans alliance à long terme.

Ce pacte électoral pourrait inciter les électeurs indécis à sortir voter lors des prochaines élections en 2018, croit-il. «L’offre politique, quand ça change, ça intéresse les gens», estime le député solidaire.

Pas des cartes à jouer

Mais l’idée de la convergence ne convainc pas tous les militants de Québec solidaire. C’est le cas de l’ex-coordonnateur du FRAPRU, François Saillant. «Si tout ce que ça donne, c’est qu’on fait élire le Parti québécois, ben moi je n’embarque pas là-dedans», a commenté le cofondateur d’Option citoyenne, un des deux partis qui ont fusionné pour créer Québec solidaire en 2006.

François Saillant estime même que la convergence pourrait faire perdre des appuis à Québec solidaire en s’alliant à un «vieux parti usé». «Tsé, les électeurs, ce ne sont pas des cartes de hockey, lance-t-il. T’échanges pas ça, des électeurs, comme des cartes de hockey.»

«Quand j’ai décidé que je m’embarquais en politique, avec Option citoyenne d’abord, c’était en rupture avec le Parti québécois, ajoute-t-il en évoquant les gouvernements de Lucien Bouchard et Bernard Landry. Ce Parti québécois est toujours présent à mon avis.»

Le PQ est aussi le parti de la Charte des valeurs, rappelle François Saillant. «Le type de réaction que Jean-François Lisée a eu quand on a parlé d’une commission sur le racisme systémique... le type de réaction frileuse qu’il a eu, ça ne me rassure pas sur le fait qu’il y a quelque chose d’intéressant pour nous autres de ce côté-là», dit-il.

Le PQ «divisé»

Candidat au poste de porte-parole masculin et opposant de la convergence, Sylvain Lafrenière estime qu’un pacte électoral reviendrait à maintenir le Parti québécois sous respirateur artificiel. «C’est un parti qui, actuellement, bat de l’aile», dit-il.

Les militants péquistes sont «divisés» entre la gauche et la droite, croit Sylvain Lafrenière. «C’est un parti qui a à se questionner [pour décider] où il va se positionner», a-t-il affirmé.

Dans la même catégorie