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Critique

«The Wall»: frapper un mur...

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

Prenez Aaron Taylor-Johnson et John Cena en soldats américains en Irak et ajoutez Doug Liman à la réalisation. Sur le papier, tout fonctionne. À l’écran, c’est une autre histoire...

Plus «The Wall» avance, plus on se dit que les 90 minutes du long métrage de Doug Liman («Mr et Mme Smith», «Un jour sans lendemain») auraient fait une excellente pièce de théâtre. Car le scénario de Dwain Worrell (auteur de la télésérie «Iron Fist») est minimaliste. Cela ne signifie nullement qu’il n’est pas chargé en émotion, bien au contraire.

En 2007, en Irak, les États-Unis viennent de déclarer la fin de la guerre dont ils sortent vainqueurs. Sur le terrain, les échauffourées continuent. En plein désert, deux tireurs d’élite américains, le sergent Allen Isaac (Aaron Taylor-Johnson) et le caporal-chef Shane Matthews (John Cena), viennent de passer 20 heures à surveiller un lopin de terre desséchée, lieu de construction d’un pipeline et théâtre d’une embuscade dans laquelle des gardiens de sécurité et des ingénieurs ont été tués.

Devant l’absence totale de mouvement, et le fait que pas un tireur irakien n’aurait passé autant de temps à attendre l’ennemi, Shane Matthews décide de quitter sa position et d’aller récupérer les radios sur les cadavres. Mais c’est sans compter sur la patiente du tireur d’élite irakien qui le blesse grièvement.

Allen Isaac tente de se porter à son secours, mais il est, lui aussi, blessé par le tireur embusqué. Il parvient à se réfugier derrière un mur de briques (d’où le titre du long métrage).

Malheureusement, son adversaire a touché sa radio, qui ne fonctionne plus, et sa bouteille d’eau, qui est vide. Débute alors un intense - et étrange - combat entre les Américains et l’Irakien.Afin de maintenir le suspense, Dwain Worrell imagine un certain nombre de rebondissements, parfois réussis, parfois trop cousus de fils blancs (certains aspects du jeu psychologique auquel se livre l’Irakien sonnent faux).

Doug Liman, qu’on apprécie pour sa manière détaillée, quasi chirurgicale, de filmer les scènes d’action intenses (pensons notamment à «Un jour sans lendemain»), fait ici usage d’une caméra à l’épaule, ce qui contribue à donner un semblant de mouvement à des moments qui en sont dépourvus.

Son insistance sur les plans rapprochés (moyens et gros) permet également au spectateur de se sentir dans la situation.

Mais l’intensité de ce duel finit, malgré toute la bonne volonté du monde, à fatiguer.

Dommage! Note : 2,5 sur 5

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