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Montréal

La mère d’une cycliste tuée par un camion déçue du rapport du coroner

Laurence Houde-Roy | 24h

La mère d’une jeune cycliste morte après avoir été heurtée par un camion à Montréal l’été dernier déplore que le rapport du coroner ne mette pas davantage l’accent sur la responsabilité du conducteur du véhicule.

La mort de Justine Charland St-Amour, 24 ans, happée par un camion le 22 août dernier, à l’angle des rues d’Iberville et Rosemont, est purement accidentelle, a conclu le rapport du coroner Gilles Sainton.

Le rapport explique que la cycliste, qui circulait sur d’Iberville vers le nord, s’est engagée dans l’intersection, mais a été bloquée par un autobus immobilisé au milieu de l’intersection. Un camion, lui aussi sur d’Iberville, a effectué un virage à droite, malgré la présence d’un panneau de signalisation qui lui en interdisait. Il n’a jamais vu la cycliste et l’a heurté avec ses roues arrière droites.

Le coroner Sainton conclut que ce décès est dû à une «circulation complexe de plusieurs véhicules, d’un non-respect de la signalisation routière et de l’absence [de] casque». Il rappelle que des campagnes de sensibilisations sur le port du casque avaient déjà été présentées.

Martine Charland, la mère de la victime, aurait espéré que la responsabilité du chauffeur soit davantage mise de l’avant.

«C’est encore la faute de la victime parce qu’elle n’avait pas son casque. Mais il n’y a pas juste ça. C’est bien beau, on se protège, mais il n’avait pas le droit de tourner à droite [le chauffeur de camion]», insiste Martine Charland, outrée.

Recommandations

La Commission des transports de la Ville de Montréal a quant à elle rendu au début du mois de mai une trentaine de recommandations pour assurer une meilleure sécurité des cyclistes à Montréal.

On y aborde la possibilité de limiter la circulation de certains véhicules lourds, d’inclure des aménagements cyclistes dans tous les grands travaux de la Ville, de sécuriser les endroits conflictuels le long du réseau routier.

Pour Bernard Pelletier, le beau-père de Justine Charland-St-Amour, la Ville est «à la remorque des incidents».

«Je ne sens pas la volonté de la Ville de faire de Montréal une ville de vélo», indique-t-il précisant que plusieurs intersections restent dangereuses pour les cyclistes.

Magali Berbonne, de Vélo Québec, estime qu’il y a «un manque de volonté politique».

«Ça prend des sacrifices, mais on continue de favoriser la fluidité automobile dans les aménagements routiers», regrette-t-elle.

Le responsable du vélo pour l’administration du maire Denis Coderre, Marc-André Gadoury, se dit optimiste que les recommandations «seront prises en compte».

«On est l’administration qui en a fait le plus pour la sécurité des déplacements actifs, on a doublé le budget d’investissement à 15 millions $ et le bilan s’améliore autant du côté des décès que des collisions avec blessés graves», a-t-il tenu à préciser.

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