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Centre d’injection supervisé à Montréal

Le gouvernement défend son projet bec et ongles

Kathryne Lamontagne | Agence QMI

 - Agence QMI

Le gouvernement a défendu bec et ongles vendredi l’arrivée imminente d’un centre d’injection supervisé (CIS) dans la métropole à proximité d’une école primaire. Dès l’automne, ce service – qui permet aux usagers de drogue par injection de consommer des stupéfiants sous la supervision d’une personne infirmier – s’implantera dans les locaux de l’organisme Spectre de rue.

Certes, Spectre de rue est situé à un jet de pierres d’une école. Mais il distribue déjà du matériel d’injection afin de prévenir la propagation de maladies transmissibles par le sang, rappelle la ministre déléguée à la Santé publique. L’arrivée d’un CIS permettra de faire une «meilleure prévention», soutient-elle.

«Actuellement, les gens sortaient s’injecter dehors, on ne savait pas trop où et il y avait, parfois, des cas de surdoses. Les seringues trainaient partout. Là on va être dans un mode où on va mieux encadrer ça et nous permettre d’aider ces gens-là», a commenté Lucie Charlebois.

Manque d’information

Si elle dit comprendre et entendre les inquiétudes des parents rapportés vendredi dans le Journal, la ministre estime toutefois que ces insécurités sont causées par un «manque d’information». «Tout ce que je peux vous dire c’est que c’est plus sécuritaire là que ce l’était avant», assure-t-elle, rappelant que des consultations ont été tenues sur le sujet depuis 2011. «Ce n’est pas une nouveauté», plaide-t-elle.

Pas question, donc, de revenir sur le lieu ciblé, qui a fait l’objet d’un «consensus social». La ministre souligne qu’un comité de «bon voisinage» sera mis sur pied afin d’informer et de rassurer les différents acteurs touchés par le site d’injection. Les parents, le conseil d’établissement de l’école ainsi que Spectre de rue siègeront à ce comité, a-t-elle illustré.

Appui de QS

Ce CIS sera implanté dans la circonscription de la porte-parole de Québec solidaire, qui a réitéré son appui au projet. Tout comme la ministre Charlebois, Manon Massé estime que les préoccupations des parents sont causées par une certaine «méconnaissance» de cette démarche.

Elle rappelle que les utilisateurs de drogue par injection sont «déjà» dans ce quartier et que le véritable problème n’est non pas leur présence, mais le fait qu’ils consomment «dans les rues, les ruelles, les parcs et les cours d’école». Ce faisant, elle estime que les centres d’injection supervisée constituent, au contraire, «tout un intérêt» pour la population.

La CAQ, de son côté, a vainement tenté de faire adopter en chambre une motion afin que le gouvernement décrète qu’un tel centre ne peut être «implanté qu'à une distance minimale acceptable d'une école, d'un centre de la petite enfance ou service de garde».

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