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Île Sainte-Hélène

Deux litres de déchets ramassés en 90 secondes sur une plage du Saint-Laurent

Frédéric T. Muckle | 24 Heures

COURTOISIE

Une scientifique se désole de l’état du fleuve Saint-Laurent après avoir rempli un sac de 2 litres de déchets en 90 secondes sur une plage de l’île Sainte-Hélène, à Montréal.

La docteure Lyne Morrisette a fait cette récolte lundi dans le cadre d’une expédition scientifique parcourant les eaux du Saint-Laurent pour collecter une foule d’échantillons afin de, notamment, déterminer la quantité de microplastique présent dans le fleuve et ses plages.

La chef scientifique de la seconde étape de l'expédition Canada C3 a précisé que cet exercice n’a pas de réelle valeur scientifique, mais que cela agit comme une façon «d’expliquer aux gens l’ampleur du problème».

L’expédition maritime Canada C3 a commencé son périple à Toronto et finira sa course à Victoria en Colombie-Britannique après avoir passé par l’océan Arctique et les côtes nordiques du Canada.

Selon elle, le problème avec la pollution des cours d’eau revient au vieil adage loin des yeux, loin du cœur.

«Quand on ne voit pas, on ne réalise pas à quel point ça peut être désastreux», a-t-elle dit pour expliquer la raison pour laquelle elle s’est soumise à cet exercice qu’elle décrit comme plus éducatif que scientifique.

Du plastique dans nos assiettes

Selon Mme Morrisette, le plastique rejeté dans le fleuve et les océans peut potentiellement avoir un effet très grave non seulement sur les écosystèmes, mais sur notre propre alimentation.

Elle explique que le plastique présent sur les plages ou dans l’eau ne se biodégrade pas, mais plutôt se dégrade en plus petits morceaux qui à ce moment peuvent être ingérés par des poissons et autres organismes marins.

«Ultimement, ça revient dans notre assiette», a-t-elle poursuivi.

Cependant, Mme Morrisette a souligné qu’il est nécessaire d’attendre les résultats des analyses des échantillons qui se feront aux laboratoires de l’aquarium de Vancouver avant de tirer des conclusions.

En attendant, Mme Morrisette garde espoir, car selon elle, lorsqu’on parle de problèmes environnementaux comme celui-ci, il ne reste qu’une chose à faire: «se mettre en mode solution».

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