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Sears Canada a besoin de liquidités

Les problèmes des grands détaillants ne surprennent personne

TVA Nouvelles

Les problèmes financiers des grands magasins Sears et La Baie ne surprennent pas les analystes de ce secteur.

Sears Canada a évoqué mardi de sérieux problèmes de liquidités qui mettent en danger la poursuite de ses activités pour la prochaine année. Pour ses besoins immédiats, Sears dit être à la recherche de 175 millions$. Or, sa capacité financière ne lui permettrait que d’emprunter 109 millions$.

La semaine dernière, La Baie d’Hudson a annoncé un plan de restructuration qui va se traduire par l’élimination de 2000 postes au Canada et aux États-Unis.

Marie-Claude Frigon, spécialiste du commerce de détail chez Richter, explique que les difficultés du détaillant Sears étaient bien connues. Ce n’était qu’une question de temps avant que la chaîne de magasins ne fasse état de son manque de liquidités.

«Le commerce de détail en entier est en grande transformation. Le commerce électronique a eu un impact important : on peut commander tout ce qu’on veut de la planète au complet dans son salon avec son café», a-t-elle expliqué à Mario Dumont.

Pourtant, Sears et La Baie ont été les précurseurs du commerce en ligne avec leurs catalogues imprimés qui ont permis à des générations entières de commander leurs articles par la poste ou par téléphone. Mais ces chaînes n’ont pas su réagir à la vague de fond du magasinage en ligne.

«Il faut donner aux clients une raison de venir en magasin: soit les meilleurs prix, ce qu’ils n’avaient pas, ou encore on offre quelque chose de spécialisé. Mais Sears comme La Baie, c’est un peu de tout pour tous», illustre Mme Frigon.

Commerce en ligne en hausse

Le plus récent rapport NETendances dévoilé en mars dernier par le CEFRIO nous apprenait que 57% des adultes québécois ont fait des achats en ligne au cours de l’année 2016. Les dépenses totales d’achats par le web au Québec ont atteint 8,5 milliards$, en hausse de 6% sur l’année précédente. Quant au panier d’achats mensuel moyen, il atteint maintenant 325$. Ces sommes échappent aux commerces traditionnels qui ont pignon sur rue.

Les analystes du commerce de détail sont sceptiques au sujet d’un rachat éventuel de Sears Canada par un concurrent. «C’est quand même un grand détaillant, il y a peut-être au milieu de ça quelque chose à sauver, mais les efforts de restructuration arrivent un peu tard. Si on avait commencé il y a 5 ou 6 ans, il y aurait quelque chose de plus à sauver», explique Marie-Claude Frigon.

Sears n’écarte pas sa vente et a même formé un comité spécial pour conseiller le conseil d’administration sur les options qui s’offrent. Au pays, Sears Canada exploite 95 magasins.

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