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Les entreprises étrangères en profitent

Crédits d’impôt: le président de Stingray écorche Québec

Francis Halin | Le Journal de Montréal

Le numéro un de Stingray pense que Québec se tire dans le pied en accordant un trop généreux crédit d’impôt aux entreprises multimédias étrangères établies ici. Éric Boyko a fait cette affirmation vendredi matin, à Montréal lors de l'annonce de la création de 400 emplois et de l’agrandissement de ses bureaux, à son siège social.

«Peut-on arrêter de donner des crédits d’impôt à des compagnies étrangères dans le monde du multimédia ?» s’est indigné le grand patron de Stingray, ne se gênant pas pour citer Warner Bros ou Ubisoft qui profitent, toutes deux, d’un crédit d’impôt trop généreux selon lui.

Dans les cas d’entreprises bénéficiant de ce crédit d’impôt spécial, 30% du salaire des employés de ce secteur est payé par le gouvernement québécois. Le salaire moyen d’un travailleur de l’industrie se situe entre 80 000$ et 120 000$.

Création de richesses absente

Éric Boyko déplore que la population se fâche parce que certains dirigeants d’entreprises font 3 et 4 millions$ par année alors qu’Ubisoft reçoit une soixantaine de millions de dollars.

Pour lui, les crédits d’impôt provincial devraient d’abord servir aux sièges sociaux québécois et non pour des entreprises américaines, comme Warner Bros, ou les françaises, comme Ubisoft.

Si demain Ubisoft quittait le Québec, ses 3000 employés seraient embauchés en 30 jours dans d’autres sociétés qui ont leur siège social ici, pense-t-il.

Voler des emplois

Le PDG de Stingray l’a admis: dans le marché actuel, les entreprises doivent carrément aller voler les meilleurs candidats au sein d’autres compagnies tellement la compétition est forte.

Lors de l’annonce de l’agrandissement des bureaux, vendredi, il n’y avait aucun représentant du gouvernement provincial. Une absence qui n’a toutefois aucun lien avec la position de l’entreprise sur le crédit d’impôt, a tenu à préciser M. Boyko.

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