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Salon du Bourget

L'ombre de Boeing plane sur Bombardier

Philippe Orfali | Agence QMI

courtoisie

Le contraste n’aurait pu frapper davantage: au moment où Airbus annonçait une commande de 100 avions, au coût de 10 milliards $, et que Boeing faisait état de 250 contrats ou intentions d’achat, Bombardier célébrait la vente de sept appareils, lundi, au Salon international de l’aéronautique et de l’espace (SIAE).

Ses compétiteurs ont épaté la galerie avec des envolées lors de la journée d’ouverture du 52e salon du Bourget, la grand-messe de l’industrie, où près de 150 000 professionnels sont attendus jusqu’à vendredi.

Les avions de Bombardier sont, eux, restés cloués au sol. Un symbole parmi d’autres qui illustre que cette année ne sera pas faste pour l’avionneur québécois.

Son annonce majeure, lundi? Philippines Airlines exercera l’option d’acheter sept avions Q400, qui s’ajoutent à cinq autres commandés en décembre. Le «prix de catalogue» de ces 12 aéronefs est de 235 millions $ US. La somme réellement payée est nettement inférieure, comme c’est la norme.

Dès qu’on parle des CSeries aux experts venus rencontrer l’entreprise, c’est plutôt le nom d’un autre avionneur qui est évoqué. Boeing, qui poursuit Bombardier devant les autorités américaines, l’accusant d’avoir vendu à Delta des CSeries à des prix défiant toute compétition.

Même avant le début du Salon, la ministre québécoise de l’Économie, Dominique Anglade, avait voulu calmer les attentes face aux CSeries, dont le gouvernement du Québec est actionnaire.

«On souhaite toujours qu’il y ait des ventes, mais on sait très bien qu’il y a l’ombre [du recours] qui plane sur Le Bourget.»

Cette image contrarie Fred Cromer, le président de Bombardier Avions commerciaux. En entrevue avec «Le Journal de Montréal», il assure que la réponse des acheteurs potentiels est «très positive», malgré l’absence de transactions.

«On voit [les menaces de Boeing et des autorités américaines] comme quelque chose visant à stopper l’innovation que demande l’industrie et que nous offrons. Les faits sont de notre côté dans cette histoire», a-t-il insisté.

Face au malaise entourant le CSeries à Paris, l’expert de l’aéronautique, Tehran Ebrahimi, de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM, voit malgré tout quelques signes encourageants.

«Il ne faut pas parier sur son potentiel en fonction des résultats des ventes sur six mois ou un an. Un avion, ce n’est pas un cellulaire, il sera sur le marché 25 ans, pas six mois», a-t-il rappelé.

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