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Menacés par l'agrile

Des dizaines de milliers de frênes sauvés par des champignons?

Agence QMI

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Des dizaines de milliers de frênes menacés par l’agrile pourraient être sauvés dans la région de Montréal grâce à de simples champignons.

Actuellement, le seul traitement disponible pour lutter contre cet insecte ravageur originaire de l’Asie est le TreeAzin. Cet insecticide s’est avéré efficace pour protéger les frênes de l’infestation, mais il ne permet toutefois pas de sauver les arbres déjà contaminés. Le traitement peut aussi s’avérer coûteux, soit entre 3,50 $ et 7 $ par centimètre de diamètre de l’arbre.

Un projet-pilote recourant à des pièges contenant des champignons «beauveria bassiana» pourrait toutefois changer la donne.

Installés au Centre de la nature de Laval, ces pièges attirent les agriles, qui sont alors contaminés par les champignons. Les insectes trouvent la mort de cinq à sept jours après la contamination, ce qui leur laisse le temps de transmettre le parasite à leurs congénères.

«Ce projet permet ainsi à la Ville d’agir en amont et de préserver le plus de frênes possible», a expliqué la Ville de Laval dans un communiqué.

Pour le projet-pilote, 15 pièges ont été installés à Laval par l’entreprise GDG Environnement et l’Institut national de la recherche scientifique. La Ville de Beaconsfield, sur l’île de Montréal, participe aussi au projet-pilote.

À Laval seulement, on retrouvait quelque 10 000 frênes, soit environ 5000 sur l’espace public et autant sur des terrains privés. Du nombre, 1500 frênes ont été abattus depuis le début du programme de lutte contre l’insecte et 1700 autres ont été traités de façon préventive.

À Montréal, où le frêne représente dans certains arrondissements jusqu’à un arbre sur trois, 15 398 arbres ont été abattus depuis 2012. Les traitements au TreeAzin ont toutefois permis de sauver 50 000 ou 60 000 arbres de l’abattage, avait évalué Réal Ménard, responsable de l’environnement au comité exécutif de la Ville de Montréal, en avril dernier.

Sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui regroupe 82 municipalités, on estime que 350 000 frênes se trouvent sur des terrains publics, que ce soit dans des parcs ou en bordure de route.

Environ 80 % des villes de la CMM avaient adopté un plan d’action pour faire face à l’agrile du frêne, en date de décembre 2016.

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