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47 personnes tuées dans la tragédie

Lac-Mégantic, quatre ans plus tard

TVA Nouvelles

Il y a 4 ans, dans la nuit du 5 au 6 juillet, vers 1h du matin, un train de 72 wagons remplis de pétrole de la compagnie Montreal Maine & Atlantic Railway (MMA) déraillait à Lac-Mégantic, explosait et emportait avec lui la vie de 47 personnes.

Il n'y avait aucun conducteur dans le train.

Dans la nuit, le train, laissé sans surveillance pour la nuit à Nantes, une localité située à une douzaine de kilomètres des lieux du drame, recommençait à rouler et dévalait à vive allure une pente pour ensuite dérailler dans le centre-ville de Lac-Mégantic.

Pendant des heures, un immense brasier, généré par 6 millions de litres de pétrole brut en provenance du Dakota du Nord, allait défigurer le centre-ville de la petite ville de l’Estrie.

Plus de 2000 personnes avaient dû être évacuées du centre-ville, anéanti par le brasier. Des 49 édifices demeurés debout après la dévastation, seuls deux ont été conservés par peur de la contamination.

La rue Frontenac de Lac-Mégantic, fermée depuis juillet 2013 en raison de la tragédie ferroviaire, a été rouverte en octobre dernier.

 

Depuis la tragédie, des millions de dollars ont été investis dans l'économie de Lac-Mégantic pour revitaliser et relancer le centre-ville.

Enquête du BST

L’enquête du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) sur la tragédie de Lac-Mégantic avait révélé que les DOT-111 étaient considérés comme fragiles et peu résistants aux chocs.

Ces wagons avaient été pointés du doigt pour expliquer en partie l’ampleur de l’embrasement après le déraillement du convoi de pétrole de Lac-Mégantic en juillet 2013.

En juillet 2016, Ottawa a annoncé qu’il devançait le retrait des wagons DOT-111, d’abord prévu pour mai 2017, pour novembre 2016.

«En retirant les wagons-citernes les moins résistants aux impacts, nous continuons de moderniser la façon dont les marchandises dangereuses sont expédiées au Canada et de mieux protéger les Canadiennes et les Canadiens et leur famille qui vivent à proximité du réseau ferroviaire du Canada», avait déclaré le ministre Garneau.

Les DOT 111 ont ainsi été remplacés par des wagons faits d'acier plus épais, des boucliers protecteurs, d’une protection thermique et d’un dispositif de protection des raccords supérieurs.

Les wagons DOT 111 représentent environ 60 % des wagons-citernes utilisés en Amérique du Nord. S’ils cesseront de servir au transport du pétrole, ils ne disparaîtront pas pour autant du paysage.

Les compagnies de chemin de fer pourront continuer de s’en servir jusqu'en 2025 pour d'autres matières dangereuses.

Procédures judiciaires

Après des mois de procédures judiciaires, on apprenait, en janvier dernier, que Tom Harding, le conducteur de la locomotive de la MMA, n’allait pas invoquer l’arrêt Jordan.

Tom Harding, la MMA et deux autres employés, Jean Demaître et Richard Labrie, font face à une accusation de négligence criminelle ayant causé la mort de 47 personnes le 6 juillet 2013.

Selon la dénonciation, l'ingénieur du train, Tom Harding, le contrôleur de la circulation ferroviaire de qui il relevait, Richard Labrie et le directeur exploitation de la MMA, Jean Demaître, ont, par omission ou en raison de leurs actions posées lors l'opération et la sécurisation du convoi, contribué au déraillement.

Le procès devant jury doit se dérouler du 13 septembre au 21 décembre prochain.

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