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Meurtre dans un CHSLD

Michel Cadotte libéré en attendant son procès

Hugo Joncas | Journal de Montréal

Un homme qui aurait tué sa femme atteinte de la maladie d’Alzheimer par compassion a été libéré sous caution vendredi au palais de justice de Montréal.

Le geste qu’aurait posé Michel Cadotte en étouffant sa femme Jocelyne Lizotte avec un oreiller est le fruit d’«un lent travail de démolition» d’un aidant naturel au bout du rouleau, et non un geste prémédité, ni un acte de désobéissance civile visant à ouvrir le débat sur l’aide médicale à mourir.

Le juge Michel Pennou a donc estimé que sa détention n’était pas nécessaire pour assurer la confiance du public en la justice et accepté sa remise en liberté provisoire, en échange d’une caution de 10 000$.

Michel Cadotte devra résider chez sa sœur France, présente à l’audition. Cette dernière s’est dite «très contente» de la décision, mais réserve ses commentaires pour un point de presse plus tard en journée.

 

L’accusé s’est aussi vu interdire de fréquenter certains membres de la famille de Jocelyne Lizotte et de mettre les pieds au CHLSD Émilie-Gamelin, à Montréal, où l’accusé aurait tué sa femme le 20 février dernier.

Le juge Michel Pennou a mis en relief la situation de détresse dans laquelle se trouvait l’accusé au moment des faits. Il avait alors pris trois médicaments, notamment pour des problèmes de dépression.

Le juge a mentionné que Michel Cadotte avait agi sous la «colère de voir comment sa femme était traitée et négligée», elle qui se trouvait au CHSLD Émilie-Gamelin depuis 2014.

Son mari avait présenté une demande d’aide médicale à mourir en son nom, avec l’accord des membres de la famille Lizotte. Les autorités l’avaient toutefois refusée parce que sa femme ne pouvait pas y consentir.

Le juge Pennou a d’ailleurs souligné que cette cause était l’occasion de se questionner sur l’actuel régime d’aide médicale à mourir et sur ses faiblesses.

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