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Mémoire de la Couronne

Turcotte était en pleine possession de ses moyens le soir du drame

Benoît Philie avec Michaël Nguyen | Journal de Montréal

L’ex-cardiologue Guy Turcotte était tout à fait conscient lorsqu’il a poignardé ses deux enfants à mort en 2009 et mérite pleinement ses 17 ans d’emprisonnement ferme, estime la Couronne dans un mémoire déposé cette semaine.

«Le trouble d'adaptation dont il était atteint le rendait tout de même responsable des crimes qu'il a commis parce qu'il était conscient et en contact avec la réalité lorsqu'il a tué ses deux enfants», insiste le procureur des poursuites criminelles et pénales, René Verret, dans le document d’une vingtaine de pages.

Me Verret réfute l’argumentaire de la défense dans son mémoire et insiste sur le fait que Turcotte était en pleine possession de ses moyens le soir du drame, comme l'ont signalé des experts lors de son procès.

Il indique aussi que le juge André Vincent de la Cour d'appel a vu juste en écrivant dans son jugement que «les crimes commis sont odieux et horribles [et que] la peine doit refléter la réprobation sociale et le châtiment juste pour les actes posés tout en tenant compte de la culpabilité morale du contrevenant».

Maladie mentale

De son côté, Guy Turcotte plaide la maladie mentale et demande à la Cour d’appel de réduire sa peine de 17 ans d’incarcération avant de pouvoir demander une libération conditionnelle.

Ses avocats estiment que le juge André Vincent n'a pas tenu compte de la maladie mentale de leur client ni de sa crise suicidaire au moment de causer la mort de ses enfants.

«Une période [...] de plus de 15 ans ne se justifie qu’en présence d’un pronostic de dangerosité convaincant [...] Le juge lui-même a reconnu que [Turcotte] ne représentait qu’un faible risque de récidive», écrivent les avocats Pierre et Guy Poupart, dans le mémoire de l’intimé déposé en mai.

46 coups de couteau

Turcotte, 45 ans, a poignardé ses enfants Anne-Sophie et Olivier à 46 reprises le 20 février 2009 à leur maison de Piedmont, dans les Laurentides en 2009. Ils avaient 3 et 5 ans.

L’ex-médecin venait de se séparer de sa femme, qui avait commencé à fréquenter un autre homme.

Il avait aussi bu du lave-glace le soir du drame pour tenter de mettre fin à ses jours.

À son premier procès, un jury l’avait déclaré non criminellement responsable de ses gestes à cause de troubles mentaux et il avait été interné à l’institut Philippe-Pinel à Montréal.

Turcotte a finalement été reconnu coupable de meurtre au second degré lors d’un second procès en 2015.

Le juge André Vincent l’a ensuite condamné à la prison à vie, sans possibilité de libération avant 17 ans.

Or, cette période est beaucoup trop longue, croit le meurtrier, qui espère une révision de sentence entre 10 et 15 ans de prison.