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Inondations printanières

«On est au bout, nous autres» - une sinistrée découragée

TVA Nouvelles

De nombreux sinistrés des inondations printanières doivent continuer à se battre pour savoir ce qu'ils peuvent faire avec leur maison. Plusieurs d'entre eux sont complètement épuisés, notamment à Rigaud, en Montérégie.

De loin, on dirait que la vie a repris son cours normal. Mais, de près, les signes de ce qui s'est passé sont encore bien visibles. Et, quand on entre dans les maisons, on réalise que le cauchemar continue pour les sinistrés.

Comme les autres résidences du quartier, la maison où est née et a grandi Sylvie Ménard reste inhabitable.

Sylvie Ménard, sinistrée Rigaud

Capture d'écran TVA Nouvelles

 

«Ça, c'est ma cuisine, lance la sinistrée. Ça, c'est ma salle de bain! On s'est installé une toilette. Mon bain est sur la galerie, dehors.»

Mme Ménard n'a pas le droit de rénover sa maison tant que Québec n'aura pas donné son accord.

«On est au bout, nous autres. On est... Je vais travailler, tu sais, et... Je ne devrais pas travailler. Mais j'y vais pareil», raconte-t-elle en sanglots.

En vertu du plan gouvernemental, jusqu'à 200 sinistrés pourraient être expropriés.

«Nous, à la Ville de Rigaud, avant de délivrer des permis de reconstruction, on attend après les documents du ministère de la Sécurité publique», explique le maire de Rigaud, Hans Gruenwald.

La Ville a créé un bureau avec des inspecteurs, les services de la Croix-Rouge, qui gèrent l'hébergement. Le maire, comme ses citoyens, attend la décision de Québec.

«S'ils me la détruisent, ils essaieront de la détruire. Moi, non, il n'y a personne qui va toucher. Mes fondations sont correctes», assure Sylvie Ménard, qui ne veut absolument pas partir. Elle vit dans un véhicule récréatif depuis trois mois et ne veut maintenant que rentrer chez elle.

«Une chance que j'ai mes deux petits-enfants, qui sont mes petits trésors. Je pense que c'est grâce à eux que...», témoigne-t-elle sans pouvoir terminer sa phrase.

Le comité des sinistrés s'oppose aux expropriations et estime que Québec impose des normes injustes, notamment en empêchant les gens de rehausser leur terrain pour pouvoir garder leur maison. La rencontre prévue ce soir à Rigaud s'annonçait tendue.

-D’après un reportage de Michel Jean

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