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94% agresseurs sont des hommes

Plus de 635 000 agressions sexuelles au Canada en un an

Agence QMI

Plus de 635 000 agressions sexuelles ont eu lieu au pays en 2014, selon une enquête de Statistique Canada dévoilée mardi matin.

Les femmes sont en très grande majorité les victimes (87%), d’après ce qu’ont dit les 35 167 répondants à ce sondage. Les agresseurs sont presque tous des hommes (94%), qui agissaient seuls (79% des cas) et qui en général avaient moins de 35 ans (68% d’entre eux).

Les attouchements sexuels non désirés constituent de loin l’agression la plus fréquente avec 71% des cas, contre 20% pour des attaques de nature sexuelle et 9% pour une activité sexuelle à laquelle la victime ne pouvait pas consentir, notamment en raison de l’effet d’une drogue ou de l'alcool, ou parce qu’elle était manipulée.

Selon Statistique Canada, cette étude révèle que 22 agressions sexuelles ont eu lieu pour une tranche de 1000 Canadiens de 15 ans et plus en 2014.

Pas de diminution

Même si le taux de criminalité est en baisse, le taux d’agressions sexuelles autodéclarées n’a pas bougé de 2004 à 2014, note l’organisme fédéral. Malgré tout, le taux d’agressions sexuelles déclarées par la police a reculé de 20 % au pays durant cette période. Statistique Canada estime donc qu’en «raison d'un éventail de facteurs, les données policières peuvent sous-estimer la nature et l'étendue des agressions sexuelles».

Seulement une agression sexuelle sur 20 a été signalée à la police en 2014, la même proportion qu’en 2004. Plusieurs raisons sont évoquées par les victimes pour ne pas en parler à la police. Dans 71% des cas, la victime trouvait que le délit était anodin et ne valait pas la peine d’être signalé; 67% du temps, l’événement a été considéré comme une affaire personnelle qui a été réglée informellement, tandis que le fait que personne n’ait été blessé a été mentionné pour 63% des cas.

Pour 45% des victimes, déclarer l’agression sexuelle à la police les embêtait. Dans 43% des cas, l’événement n’aurait pas été considéré comme assez important ou il n’y aurait pas eu assez de preuves pour aller voir la police.

Environ 40% des victimes autodéclarées ont dit qu’elles ne sont pas allées porter plainte à la police parce qu’elles croient que l’agresseur n’aurait pas été puni de manière suffisante.