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Déversement de débris

Dépôt «sauvage» à Saint-Hyacinthe

Anne-Caroline Desplanques | Agence QMI

gracieuseté, Gabriel Chartier

Un déversement de débris près de l'aéroport de Saint-Hyacinthe a forcé la Ville à intervenir hier, mais l'administration municipale ne compte pas tenter de retrouver le coupable.

«On n’est pas en mesure d’évaluer si c’était des contaminants. Ce qu’on peut dire, c’est que c’était un dépôt sauvage», indique la porte-parole de la municipalité Jennifer Drouin-Ostiguy.

Alertée par un voisin, la Ville a sommé le propriétaire du terrain de nettoyer les lieux.

C’est l’entreprise Demofix qui a procédé au nettoyage tôt hier matin. Le copropriétaire de la firme, Patrick Cordeau, assure que sa compagnie n’a rien à voir dans le déversement clandestin et a simplement nettoyé le site à la demande du propriétaire du terrain qui serait «un ami».

«Je n’ai rien fait de pas correct, dit-il. Ça m’a coûté de mon temps pour aller nettoyer des cochonneries, et j’ai fait ça bénévolement.»

M. Cordeau affirme qu’il s’agissait de débris abandonnés par des particuliers.

«Les gens qui font des rénovations résidentielles viennent “domper ” sur les terrains, raconte-t-il. On est obligé de ramasser, même si ce ne sont pas nos déchets, pour avoir la paix et ne pas avoir la Ville sur le dos.»

Mais le propriétaire de l’aéroport de Saint-Hyacinthe, Gabriel Chartier, mentionne avoir observé «une compagnie de démolition» déposer pas moins de quatre conteneurs de déchets jeudi dernier.

Des livres d’école

Une série de photos transmises au Journal montrent une accumulation de matériaux de construction, des sacs jaunes pleins de matériaux, du mobilier de bureau et des livres d’enfants.

M. Chartier a pu constater que les livres portaient l’étiquette de l’école primaire Mountainview d’Otterburn Park, près de Mont-Saint-Hilaire.

L’école étant fermée pour les vacances d’été, «Le Journal de Montréal» s’est adressé à la commission scolaire Riverside dont elle dépend. Nos appels sont cependant restés sans suite.

Sur place, Le Journal de Montréal a pu constater que des travaux étaient en cours dans les bâtiments de l’école primaire.

Un travailleur rencontré à la porte a indiqué que l’établissement procédait à la réfection des blocs sanitaires ainsi qu’à l’installation d’un plafond suspendu.

Étrangement, un conteneur portant le nom de Demofix était posé sur le terrain de l’établissement lors de notre passage.

Location

Le copropriétaire de l’entreprise, M. Cordeau, admet avoir des contrats avec de nombreuses commissions scolaires. Toutefois, il nie catégoriquement être impliqué dans les travaux en cours à l’école Mountainview ou dans la gestion des débris en résultant.

«La boîte qui est là, c’est une boîte louée», insiste-t-il.

Pour sa part, la Ville de Saint-Hyacinthe ne s’en fait pas outre mesure. Le site ayant été nettoyé comme demandé, l’administration municipale considère le dossier clos, indique la porte-parole, Mme Drouin-Ostiguy.

A priori, aucune enquête ne sera donc faite pour déterminer la provenance des déchets.

-Avec la collaboration de Camille Garnier