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Transfusion autorisée par la cour

Les médecins du CHUQ confrontés à une situation délicate

Claudie Côté | TVA Nouvelles

Un tribunal a dû intervenir pour permettre une opération urgente sur un bébé naissant parce que ses parents, des témoins de Jéhovah, s'opposent aux transfusions sanguines.

La cour a autorisé la transfusion malgré l'opposition des parents, tranchant en faveur du droit à la vie.

La fillette, à peine âgée de 24 heures, devait subir une importante chirurgie pour enlever une masse abdominale. Ses parents acceptaient la chirurgie, mais refusaient toute transfusion sanguine. Impossible de savoir si la transfusion sanguine a eu lieu et de connaître l'état de santé du nouveau-né.

«Lorsqu'on opère, il peut avoir des saignements, surtout un nouveau-né. On ne peut pas courir le risque pour des chirurgies comme celle-là, particulièrement pour un poupon. On doit avoir du sang disponible parce qu'on ne sait jamais ce qui peut arriver», explique Christian Fortin, médecin à la Cité médicale.

Le centre hospitalier s'est donc adressé d'urgence à la Cour supérieure, faisant valoir que le droit à la vie et la sécurité de l'enfant doit avoir préséance sur la liberté de leurs croyances religieuses. Le juge a donné raison à l'hôpital. Les médecins peuvent donc procéder à des transfusions sanguines au besoin sur la fillette.

«On a besoin d'un consentement aux soins, qui est donné par les parents parce que c'est un enfant. Dans ce cas, le juge a ordonné que ce jeune-là ait des soins appropriés, des transfusions, parce qu'on sait que les témoins de Jéhovah refusent ces transfusions-là», explique l'avocat François-David Bernier.

Ce n'est pas sans rappeler l'histoire largement médiatisée d'Eloïse Dupuis, cette nouvelle maman, témoin de Jéhovah, qui avait refusé une transfusion sanguine, à la suite de complications liées à son accouchement. Elle est décédée.

La différence ici, c'est l'âge. Eloïse Dupuis était majeure. Les médecins ne pouvaient pas recourir aux tribunaux et devaient respecter la volonté de la patiente puisque Mme Dupuis était une adulte.

Le CHU de Québec n'a pas voulu commenter l'affaire, mais a affirmé que ce sont des cas très rares. En moyenne, les médecins de leurs établissements font affaire aux tribunaux pour des procédures semblables quatre fois par année.

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