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Conduite avec les facultés affaiblies

Les chefs de police inquiets par la légalisation du cannabis

TVA Nouvelles

Les chefs de police du pays s’inquiètent de la légalisation prochaine du cannabis, qui pourrait faire augmenter substantiellement les cas de conduite avec facultés affaiblies.

Les forces de l’ordre sont déjà confrontées à de nombreux automobilistes qui prennent le volant après avoir consommé de la marijuana. Elles craignent que le phénomène s’aggrave avec la légalisation prévue le 1er juillet 2018.

Les études ont démontré que même consommé à petites doses, le cannabis a un impact direct et néfaste sur les facultés de conduire: moins de concentration, temps de réaction aussi plus lent. Des effets qui peuvent être décuplés aussi par la prise de médicaments.

Le sujet alimentera certainement les discussions lors de la 112e conférence annuelle de l’Association canadienne des chefs de police (ACCP), qui se déroule jusqu’à mercredi au Palais des congrès de Montréal.

«Dans la formation de nos policiers, on doit les préparer à la nouvelle législation en général, mais on doit aussi former des experts en reconnaissance de drogues qui vont pouvoir faire la preuve devant les tribunaux que les gens ont les facultés affaiblies par une drogue», a expliqué Mario Harel, président de l’ACCP et directeur du Service de police de la Ville de Gatineau.

Cette formation spécifique, qui a longtemps été dispensée uniquement aux États-Unis, coûte 20 000 $ par policier, a précisé M. Harel.

«Grâce au leadership de notre École nationale de police du Québec, on a réussi à faire autoriser un cours au Québec, a-t-il dit. Donc nos policiers peuvent être formés au Québec, en français, mais ça va prendre du temps.»

Le Canada compte déjà 600 de ces experts, mais les directeurs de services de police estiment qu’ils en auront besoin de 2000 d’ici l’an prochain.

«Former 1400 experts au Canada en un an, c’est impossible. On sait que ça va prendre un certain temps. Il va falloir accélérer la cadence», a indiqué M. Harel.

En plus de cette formation, les policiers réclament des moyens financiers supplémentaires pour défrayer les coûts liés à l’application des nouvelles mesures.

«On demande à ce que les autorités nous aident dans la formation des policiers et dans l’achat d’appareils. Une petite embouchure pour faire un test d’alcool, c’est 10 cents par test, alors que c’est 40 $ par test pour un appareil de détection de drogues», a ajouté M. Harel.

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