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Trajet mont Royal - Vieux-Montréal

Promenade Fleuve-Montagne: un parcours à 50 millions $ «assez banal»

Agence QMI et TVA Nouvelles

Alors que la Ville a procédé ce midi à l’inauguration de la promenade Fleuve-Montagne, un legs de 50 millions $ du 375e anniversaire de Montréal, Projet Montréal déplore une occasion ratée et un parcours «assez banal» pour ce trajet reliant le mont Royal au Vieux-Montréal.

«On nous avait promis un parcours emblématique, mais on nous offre finalement quelque chose de banal, qui manque de vision», regrette Valérie Plante, chef de Projet Montréal.

La facture s'élève à 8 millions de plus que le budget prévu pour ce parcours de 3,8 km.

«Est-ce que ce projet va se trouver dans tous les guides touristiques Lonely Planet? Ça m’étonnerait...», a réagi Valérie Plante.

Le «24 Heures» a effectué avant l’inauguration ce trajet d’une heure.

Marquage et pictogrammes

Le parcours commence dans le Vieux-Montréal, au musée Pointe-à-Callière. Des pictogrammes sont collés au sol, mais peu d’indications permettent de bien comprendre quelle direction prendre.

Les pictogrammes mènent finalement vers l’ouest et nous font passer devant un site en construction.

Sur la rue McGill, des pictogrammes au sol, des flèches sur les lampadaires ainsi que du marquage au sol aux intersections dirigent les passants.

Des bornes de métal sont disposées à certains endroits, environ une quinzaine sur tout le trajet. Sur celles-ci, une un chiffre en mètre donnant une altitude y est inscrit, sans aucune autre indication. De chaque côté des bornes se trouve une flèche de couleur indiquant de poursuivre dans cette direction.

«Les Montréalais ont raison de se demander où leur argent est passé: tout le parcours en bas de Sainte-Catherine, c’est juste du marquage au sol. On a raté la cible», s’inquiète Valérie Plante.

Un gros trottoir

C’est à partir de la rue McGill College, au nord de Sainte-Catherine, que le premier réaménagement se fait voir.

Une voie de chaque côté de la rue a été retranchée pour y aménager 10 placettes d’un côté de la rue avec des chaises Adirondack, ainsi que des structures de bois autour des arbres de l’autre côté de la rue.

«L’administration avait dit qu’elle retrancherait toutes les voies, pour créer une grande promenade française. Finalement, c’est comme si on avait juste un gros trottoir, déplore Valérie Plante. On est content qu’on se réapproprie la voie publique, mais on le fait déjà à Montréal avec les placottoirs. Alors, comment expliquer qu’on dépense 55 millions $?»

Pas de «oumff»

Des travaux d’infrastructures ont également été réalisés sur la rue Sherbrooke. La Ville avait d’ailleurs déjà expliqué que c’est en raison de la complexité du projet et de la nécessité de faire des travaux d’infrastructures plus importants que prévu sous la rue Sherbrooke que les coûts du projet avaient augmenté.

C’est finalement sur la rue McTavish, entre Des Pins et Sherbrooke, qui a été complètement piétonnisée, qu’on observe le point majeur de la promenade. Le pavé a été refait, des bancs ont été aménagés avec des aménagements paysagers au coût de 25 millions $.

«Le tronçon en haut de Sherbrooke est plus réussi, mais ça manque de «oumff». Est-ce que les touristes vont venir à Montréal en disant qu’ils doivent absolument faire la promenade Fleuve-Montagne? J’en doute», regrette la chef de Projet Montréal.