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Saint-Apollinaire

Refus du cimetière musulman: «choquant» et «décevant»

TVA Nouvelles

Le résultat du référendum tenu hier à Saint-Apollinaire, qui a mené au blocage d’un projet de cimetière musulman, déçoit l’imam Hassan Guillet, qui ne voit toutefois pas ce vote comme un rejet de sa communauté.

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«Ils n’ont pas dit "Non, on ne veut pas de cimetière", qu’on soit clair. Ils ont dit "On ne veut pas de cimetière musulman", a déploré en entrevue au Québec Matin Hassan Guillet, imam à Saint-Jean-sur-Richelieu. C’est choquant, c’est surprenant, c’est décevant.»

Il estime qu’il y a eu une «campagne de peur et d’ignorance» avant le référendum. Toutefois, l’homme religieux refuse d’y voir un rejet de sa communauté par l’ensemble de la population.

«Ce n’est pas un rejet de Saint-Apollinaire des musulmans, ce n’est pas un rejet du Québec des musulmans, c’est 19 personnes qui ont voté contre ce projet», nuance-t-il.

Égaux dans la vie et dans la mort

Reste que l’imam montérégien se questionne : pourquoi hésite-t-on à octroyer un terrain pour un cimetière à la communauté musulmane dans la région de la capitale?

«Il y a un cimetière juif à Québec, il y a un cimetière catholique à Québec, pourquoi pas un cimetière musulman? L’enterrement, comme les services funéraires au Québec et dans le monde, c’est confessionnel. Comme un catholique a le droit d’être enterré dans un cimetière catholique, un musulman a le droit de se faire enterrer dans un cimetière musulman. On doit tous être égaux dans la vie et dans la mort aussi.»

En ce moment, les musulmans qui décèdent au Québec peuvent être rapatriés dans leur pays d’origine, s’ils sont immigrants, ou enterrés à Laval, où on trouve un cimetière exclusivement musulman.

«Imposer aux familles des défunts de venir de Québec jusqu’à Laval, pour enterrer leurs morts, je pense que c’est inhumain», dit M. Guillet

Dans certains cimetières multiconfessionnels, il est aussi possible pour une communauté de louer des sections réservées à leur religion. Toutefois, cette option n’est pas équivalente à celle d’avoir un cimetière complet dédié aux musulmans, estime M. Guillet.

«C’est locatif : on loue le tombeau pour une certaine période de temps. Après, les propriétaires du cimetière peuvent disposer du corps où ils veulent, explique-t-il. Je ne pense pas qu’il y ait grand monde qui veut que dans 20 ou 50 ans, on déplace un être cher qui était enterré.»

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