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Cimetière musulman

Saint-Apollinaire veut passer à autre chose

TVA Nouvelles

Le maire de Saint-Apollinaire, où des citoyens ont bloqué l’implantation d’un cimetière musulman lors d’un référendum, estime que le débat est maintenant clos, du moins dans sa municipalité.

«Je vais les laisser aller. Notre part est faite. À Saint-Apollinaire, on va essayer de passer à autre chose, a déclaré en entrevue au Québec Matin le maire Bernard Ouellet. Ça va nous servir d’expérience, mais on ne peut plus faire grand-chose dans ce cas-là, dans notre municipalité.»

Sur les 6000 citoyens de la municipalité, 49 étaient appelés à se prononcer sur l’implantation du cimetière. 19 ont voté contre le projet du complexe funéraire Harmonia et du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), et 16 l’ont appuyé. Un vote a été rejeté.

«Le conseil municipal de Saint-Apollinaire est un peu déçu, et moi aussi. Par contre, on accepte la démocratie», a déclaré le maire Ouellet.

Seulement les citoyens situés dans la zone contigüe au lieu projeté étaient appelés à se prononcer. Comme le terrain est situé dans une zone industrielle, peu de gens pouvaient voter, a souligné M. Ouellet.

L’atmosphère dans la municipalité a été affectée par le débat, reconnaît le maire.

«Pour nous, c’est assez difficile. On est une petite municipalité, on n’est pas habitué à ça. Pour les citoyens qui sont dans la zone concernée, ça n’a pas été "le fun" trop trop. Ils se sont fait solliciter beaucoup par le camp du Non, par le Oui. Ça a été un trois ou quatre mois assez intense et assez difficile.»

Débat plus large

Si la question touchait, en théorie, seulement quelques citoyens, le débat a pris des proportions plus étendues.

«C’était pour un cimetière, mais le débat est allé plus loin que ça. Si ça avait été pour un cimetière tout court, en principe, il n’y aurait pas eu de problème», estime le maire. «Pour nous, Saint-Apollinaire, notre effort est fait. Je pense que tout ce qui était en notre pouvoir a été fait. Par contre, ça a emmené à un débat national là-dessus. Il va y avoir des remises en question à faire, c’est sûr.»

Et malgré les tensions, M. Ouellet salue la façon dont le débat a eu lieu.

«Si je prends les derniers mois, c’était quand même très respectueux. Il n’y a pas eu de guerre ici ou de gens qui se sont "pognés". Ça a discuté, mais c’était bien fait. Ça a créé des froids entre certaines personnes, mais c’était quand même respectueux.»

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