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Des locations Airbnb tournent mal

Quand la prostitution s’invite dans votre appartement

TVA Nouvelles

Des gangs de rue utilisent de plus en plus Airbnb pour la location de locaux où ils offrent des services de prostitution à Montréal.

De sorte que de simples citoyens qui louent leur appartement en toute bonne foi se retrouvent avec de gros problèmes sur les bras.

Lorsque vous louez votre appartement via la plateforme Airbnb, l’entreprise effectue certaines vérifications sur l’identité de la personne intéressée.

 

Or, de plus en plus d’organisations criminelles, comme les gangs de rue, utilisent Airbnb pour des activités liées à la prostitution.

Pour ces groupes, faire affaire avec des particuliers comporte au moins deux avantages : c’est moins cher et l’endroit sera moins surveillé qu’une chambre d’hôtel, par exemple, où les caméras de surveillance sont souvent en fonction 24 heures par jour.

Des photos obtenues par TVA Nouvelles illustrent avec fracas le risque auquel peuvent être exposés les adeptes d’activités Airbnb. Ce sont celles d'un luxueux loft du Vieux-Montréal, loué en 2014 par Jeff Letendre, où on y voit des meubles saccagés, des morceaux cassés sur le plancher, bref, une résidence dans un état lamentable.

«Vous arrivez dans l’appartement, il y a des filles qui sont là et des condoms qui traînent, ils ont fumé à l’intérieur, vous voyez des lignes de cocaïne sur les tables, décrit M. Letendre, fondateur de Like a Hotel, une entreprise qui a établi des procédures de sécurité et de vérification destinées à limiter au minimum des situations comme celle dans laquelle il s'est lui-même retrouvé.

«Ce n’est pas normal un après-midi de retrouver des filles, ça se passe là. Et bien souvent, quand la police arrive, ça va sortir par la sortie en arrière, ça court partout, j’en ai vues qui sautaient en bas des balcons», relate Jeff Letendre.

Aux États-Unis et en Europe

Le problème, bien connu des policiers, n’est pas unique au Québec. Il s’observe également aux États-Unis et en Europe. Les forces policières tentent de s’organiser pour combattre cette nouvelle forme de criminalité. Afin que de simples citoyens ne se retrouvent pas victimes d’actes aussi répréhensibles.

«Ils cherchent de nouvelles façons qui sont plus anonymes, indique Marie-Claude Dandenault, commandante au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). On a l’impression en louant un logement comme ça que les voisins vérifient moins, qu’on a plutôt l’air de n’importe quelle personne qui le fait.»

Les associations de propriétaires de condos sont aussi préoccupées par la pratique délinquante à laquelle le service locatif Airbnb peut donner lieu.

«La difficulté, c’est qu’en copropriété, c’est le syndicat qui assure tout le bâtiment, les parties communes et les parties privatives, explique Yves Joli-Cœur, du Regroupement des gestionnaires et copropriétaires du Québec. Or, c’est certain que si un copropriétaire a des activités qui ne sont pas conformes, c’est toute la question court terme, ça a un impact sur l’assurance de tous les copropriétaires de l’immeuble.»

M. Joli-Cœur mentionne en outre que dans certains immeubles en copropriétés, Airbnb, c’est «un peu la croix et la bannière». Même un immeuble luxueux comme la Tour des Canadiens, en plein centre-ville, n’échappe pas au problème. Quant aux simples citoyens, ils offrent souvent une cible facile pour les criminels.