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998 kilomètres en 47 minutes

La Corée du nord affirme que son test de missile ICBM a réussi

Agence France-Presse

La Corée du Nord a affirmé samedi que son tir de missile balistique intercontinental (ICBM) était un succès, supervisé par son leader Kim Jong-Un.

Le tir réalisé vendredi était une version améliorée du Hwasong-14 ICBM qui a parcouru 998 kilomètres en 47 minutes à une altitude maximum de 3724 mètres, a précisé KCNA.

Washington, Tokyo, Séoul, l'UE et Paris ont immédiatement condamné le second tir en un mois par Pyongyang d'un missile balistique intercontinental (ICBM).

«Tout le territoire américain est à notre portée de tir (...) n'importe où, n'importe quand», a proclamé Kim Jong-Un, cité par l'agence.

L'agence a précisé qu'il s'agissait d'une version améliorée du Hwasong-14 ICBM, qui a parcouru 998 kilomètres en 47 minutes à une altitude maximum de 3.724 mètres.

Le président américain Donald Trump a affirmé de son côté que «les États-Unis prendront les mesures nécessaires pour assurer la sécurité du territoire national américain et pour protéger nos alliés de la région».

Et en réaction, les États-Unis et la Corée du Sud mènent un exercice militaire en utilisant des missiles tactiques (ATACMS) sol-sol américain et des missiles balistiques sud-coréens Hyunmoo II, a indiqué vendredi soir l'armée de terre américaine.

L'exercice conjoint s'est déroulé tôt samedi matin, heure de Séoul, peu après l'annonce par le Pentagone que les chefs militaires américains et sud-coréens avaient discuté d'«options de réaction militaire».

Le Pentagone prépare depuis longtemps l'éventualité d'un conflit avec la Corée du Nord, mais le langage tranchant utilisé marque une évolution par rapport aux précédentes réactions publiques ayant suivi des essais de missiles.

Auparavant, il s'agissait de critiquer les tirs, mais sans mentionner d'options militaires de représailles.

Selon l'armée de terre, «les ATACMS peuvent être rapidement déployés et engagés, et fournissent des capacités de précision de frappes en profondeur, permettant à l'alliance République de Corée/États unis d'engager tout un éventail de cibles rapidement dans toutes les conditions climatiques».

Ces équipements avaient déjà «tiré des missiles dans les eaux territoriales de la Corée du Sud le long de la côte Est le 5 juillet», a précisé l'armée américaine.

Le président américain a prévenu vendredi que les essais nord-coréens constituaient une action «imprudente et dangereuse» qui allait «isoler davantage» la Corée du Nord.

«Les États-Unis condamnent ce test et rejettent les affirmations du régime selon lesquelles ces essais - et ces armes - assurent la sécurité de la Corée du Nord. En réalité, ils produisent l'effet inverse», a indiqué M. Trump dans un communiqué, quelques heures après le tir.

«En menaçant le monde, ces armes et ces essais isolent davantage la Corée du Nord, affaiblissent son économie et appauvrissent sa population», a poursuivi M. Trump.

Jusqu'ici, la stratégie des États-Unis - qu'il s'agisse de l'administration de Donald Trump ou de celle de Barack Obama - n'a pas porté ses fruits: malgré un renforcement des sanctions internationales à l'ONU et des pressions sur la Chine, principale alliée de la Corée du Nord, le régime du dirigeant Kim Jong-Un a poursuivi ses programmes militaires balistique et nucléaire.

Ce lancement par Pyongyang survient après le premier test réussi le 4 juillet, jour de la fête d'indépendance des États-Unis, d'un missile balistique intercontinental (ICBM) susceptible d'atteindre le nord-ouest des États-Unis, en particulier l'Alaska.

Du côté du Japon, l'un des pays les plus exposés à la menace nord-coréenne, le premier ministre Shinzo Abe a annoncé une réunion de son conseil de sécurité nationale.

Le «missile balistique est tombé dans notre zone économique exclusive, en mer du Japon». Il n'y a pas eu de «dégâts infligés à des bateaux ou à des avions», a déclaré le porte-parole du premier ministre japonais.

Le président sud-coréen Moon Jae-In a lui aussi convoqué une réunion d'urgence de son équipe de sécurité nationale, selon l'agence de presse Yonhap.

L'Union européenne a condamné le nouveau tir de missile, estimant qu'il «menaçait sérieusement la paix et la sécurité internationales». Ce tir «est une violation flagrante des obligations internationales de la Corée du Nord telles que posées dans plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU», a indiqué un communiqué de la diplomatie européenne.

La France a pour sa part appelé à «l'adoption rapide de sanctions additionnelles et fortes» par le Conseil de sécurité de l'ONU.

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