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Formule E à Montréal

Un organisme d’aide aux itinérants dit être victime de profilage

TVA Nouvelles

La course de Formule électrique au coeur du quartier Centre-Sud, à Montréal, n'a pas fait que des mécontents chez les automobilistes et les résidents du secteur : un organisme qui vient en aide aux sans-abris se plaint que son travail a été compliqué dans la dernière semaine.

Quelques jours avant la course, de nombreuses interdictions de stationnement sont entrées en vigueur dans les rues limitrophes du circuit.

Itinérance Camionnette

 

En raison de ces nouvelles règles, la petite fourgonnette de SOS Itinérance ne pouvait se stationner dans le quartier. Depuis un peu plus de trois ans, on sert des repas gratuits aux itinérants du quartier grâce à ce véhicule.

Les policiers responsables de la circulation leur ont interdit l’accès et leur ont décerné des contraventions pour s’être stationné dans les rues fermées. Ce mardi, ils en ont reçu une nouvelle.

«Dans ce temps-ci, les ressources sont fermées pour les vacances, souligne le président-fondateur de l’organisme, Alexandre Paradis, en entrevue avec TVA Nouvelles. Recevoir des contraventions, quand on est des organismes communautaires, de 53 $ pour s’être stationné sur la rue ou de 60 $ pour être trop proche d’un coin de rue, c’est aberrant que les policiers fassent du profilage comme ça.»

Une situation que dénonce aussi Valérie Plante, chef de Projet Montréal et conseillère dans l’arrondissement de Ville-Marie.

 «C’est troublant. Je connais bien SOS Itinérance et ils font un travail remarquable pour soutenir les plus démunis, les itinérants et les populations plus à risque, comme les jeunes de la rue.»

L’organisme a l’impression qu’en lui refusant l’accès au secteur, on a voulu cacher l’itinérance.

«C’est déplorable, estime Mme Plante. Par exemple, au square Viger, où pendant longtemps, les itinérants trouvaient refuge, où ils se sentaient bienvenus. Le réaménagement du square, à cause de tout le retard, de l’improvisation, d’un manque de planification, ce sont des personnes qui n’ont plus leurs repères.»

M. Paradis indique avoir discuté avec un commandant dans le poste du quartier, qui renvoie la balle à ses agents sur le terrain. Ces derniers lui auraient mentionné avoir reçu une consigne en ce sens de la part de la municipalité. Quand il a essayé de communiquer avec la Ville, on l’a transféré de poste en poste.

«S’ils ne sont pas là, on ne mange pas, dit Stéphane, qui utilise les services de SOS Itinérance. Si t’es pas dans l’état de te déplacer, eux sont là. C’est plus proche, ça nous aide beaucoup.

Au conseil exécutif de la Ville de Montréal, on souligne que des partenariats ont été ficelés avec quatre organisations de lutte à l’itinérance afin de réduire l’impact pour ces populations. On a aussi tenu à mentionner que l’organisme a effectué des distributions toute la semaine, sans interruption.

TVA Nouvelles a tenté d'obtenir les réactions du Protecteur des itinérants, sans succès.

-D'après les informations d'Elizabeth Laplante

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