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Histoire sans fin

Victime de sa conjointe, il est acquitté trois fois de violence conjugale

Nicolas Saillant | Agence QMI

Libéré d’accusations de violence conjugale pour une troisième fois, un homme se dit victime du système de justice en raison des accusations qu’il traîne «comme une épine dans le pied».

À peine libéré des accusations de voies de fait et de menace qui pesaient contre lui, Pierre Turbide réalisait que sa victoire n’était que partielle jeudi matin en sortant de la Cour d’appel. Celui qui a fait quatre mois en détention préventive à la suite d’une troisième plainte pour violence conjugale déposée par son ancienne conjointe en 12 ans, se décrit comme une victime.

Histoire tumultueuse

L’histoire d’horreur de Pierre Turbide et sa conjointe a débuté en 2002 lorsque cette dernière l’a attaqué avec un couteau. Reconnue coupable et emprisonnée, la femme avait tout de même porté plainte contre M. Turbide pour harcèlement et voie de fait grave.

Pierre Turbide avait été libéré des accusations, mais son ex-conjointe lui avait sauté dans les bras, sous l’œil des médias lors de son procès, en lui demandant de reprendre la relation.

Pourtant, un an plus tard, le même manège se répétait et Pierre Turbide a été accusé de voies de fait et harcèlement criminel une nouvelle fois. Des accusations pour lesquelles il a été acquitté.

Malgré ces deux épisodes, M. Turbide a tout de même repris la relation avec sa conjointe, une décision qu’il regrette aujourd’hui. «Je lui ai pardonné, j’étais en amour. Je sais que j’aurais dû la quitter», a-t-il confié.

Troisième plainte

Le couple a donc poursuivi sa vie commune jusqu’en 2014, moment où M. Turbide était sur le point de mettre un terme à la relation. L’homme a donc fait face à une troisième plainte. «C’est un coup monté qu’elle a préparé», a-t-il souligné.

C’est finalement un document signé par la plaignante sur lequel elle avouait avoir menti qui a permis à M. Turbide de se rendre en appel et d’être libéré des accusations pour lesquelles il a d’abord été reconnu coupable.

Or, l’homme reste toujours coupable d’avoir eu en sa possession un poing américain, une arme illégale. «Ça n’a jamais été à moi», a-t-il dit.

Toujours titulaire de cette accusation malgré sa victoire, Pierre Turbide affirme qu’il ne pourra pas travailler dans le nord du Québec en raison de ce casier. «Quand le futur employeur va voir possession d’une arme prohibée, il va me refuser. C’est une épine dans le pied», plaide celui qui n’a pas fini de se battre.