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Pression sur le système de santé

Migrants: les libéraux n’ont aucun plan selon l’opposition

Marie-Ève Dumont | Agence QMI

La députée de Calgary Nose Hill, Michelle Rempel

Grande Prairie Daily Herald-Tribune

La députée de Calgary Nose Hill, Michelle Rempel

Le Parti conservateur accuse le gouvernement Trudeau de n’avoir « aucun plan pour contrer l’augmentation massive » des passages de migrants à la frontière canado-américaine.

«Nous savons depuis le début de l’année que ce problème n’allait qu’empirer au cours de l’été, peste la députée de Calgary Nose Hill, Michelle Rempel. Si cette dangereuse tendance de passages illégaux se poursuit, l’intégrité du système d’immigration du Canada sera remise en question par les citoyens, et avec raison.»

Selon Mme Rempel, l’afflux de migrants risque aussi de créer une pression accrue sur les systèmes de santé et d’aide sociale des provinces.

Pourquoi choisir le Québec ?

Les trois quarts des interceptions de migrants venus des États-Unis par les services frontaliers du Canada se font au Québec. Pourtant, la province n’est pas la seule à partager sa frontière avec les États-Unis.

«Selon moi, la vraie raison de l’afflux au Québec, c’est internet, dit Marjorie Villefranche, directrice de La Maison d’Haïti. Aujourd’hui, les réfugiés s’échangent leurs trucs sur internet : par où passer, que dire aux agents des douanes.»

Le «Journa»l a pu le constater au point de passage irrégulier du rang Roxham, à Saint-Bernard-de-Lacolle. Malgré les menaces d’arrestation des policiers, les migrants n’hésitent pas à franchir la frontière.

Pour l’instant, pas d’appel à Trump

Le Canada n’est pas en droit de réclamer quoi que ce soit des États-Unis, disent des experts, même si la Ville de Montréal demande une intervention du gouvernement Trudeau.

«On demande au gouvernement canadien de faire entendre sa voix auprès des autorités américaines, parce que si cette situation nous arrive, c’est parce que le gouvernement américain n’a pas assumé ses responsabilités envers ces gens-là [les migrants haïtiens]», a dit hier Frantz Benjamin, président du conseil de la Ville de Montréal.

Responsabilité

Mais même si nos voisins sont en quelque sorte les instigateurs de la situation, tous les pays sont responsables de tous les réfugiés.

«Les gens quittent les États-Unis pour demander la protection du Canada, ils sont en droit de le faire, tout comme des gens pourraient partir du Canada vers les États-Unis. Si on dit que les États-Unis sont redevables, il faudrait dire que l’Iran, l’Afghanistan ou la Syrie le sont aussi», insiste Stéphane Handfield, avocat spécialisé en immigration.

ALENA

Il est également très difficile pour le gouvernement Trudeau d’intervenir dans les politiques internes américaines avec les négociations de l’ALENA qui arrivent bientôt, ajoute Christophe Cloutier-Roy, de la Chaire Raoul-Dandurand.

«Le gouvernement Trudeau a fait le pari de ménager l’administration Trump pour que ça se passe bien dans les renégociations de l’ALENA. Mais si celles-ci piétinent, si d’autres irritants surgissent, si les États-Unis demandent par exemple que l’on sécurise davantage notre frontière, peut-être que cet enjeu va devenir un irritant. Il se peut donc qu’à un moment donné on demande des comptes», mentionne-t-il.

 

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