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Drummondville

Son foyer à l’éthanol explose sous ses yeux

Yanick Poisson | Agence QMI

Photo collaboration spéciale, Éric Beaupré

Une Drummondvilloise a eu la peur de sa vie mercredi dernier quand son foyer décoratif à l’éthanol a explosé, la brûlant en plus d’incendier sa maison. Les pompiers appellent à la prudence puisque ces cas sont de plus en plus fréquents.

 «La boule de feu s’est dirigée droit vers le mur et ça s’est enflammé tout de suite. Si je m’étais trouvée entre le foyer et la maison, j’aurais subi de graves brûlures au visage», lance Sophie Côté, retenant ses sanglots.

La soudeuse de 44 ans se trouvait sur son patio, à moins de deux mètres de sa maison, lorsqu’elle a tenté de réapprovisionner son foyer qui venait de s’éteindre, mercredi soir.

Puisqu’il y avait toujours une source de chaleur, le combustible s’est enflammé. Surprise, la dame a renversé du gel sur sa jambe, qui s’est mise à brûler. En tentant d’éteindre les flammes sur son corps, elle s’est brûlé une main et un pied.

Ces brûlures au 2e degré sont toutefois superficielles considérant que l’explosion a embrasé le déclin de vinyle, le toit et tout le deuxième étage de la résidence de la rue Lalement. Les dommages sont évalués à plusieurs dizaines de milliers de dollars.

Malgré la douleur, Mme Côté est allée récupérer ses enfants de 5 et 7 ans qui dormaient à l’intérieur et les a évacués avant d’appeler les secours.

«J’ai vraiment eu peur pour eux. Il fallait que je les sorte de là», ajoute-t-elle.

Dangereux

Sophie Côté met en garde les propriétaires de foyers à l’éthanol contre les risques d’explosion. Le dispositif qui a explosé chez elle était également conçu pour fonctionner à l’intérieur. Le drame aurait été de plus grande envergure si elle s’était trouvée entre les murs de sa demeure.

«Pour moi, c’est fini, ça ne rentre plus chez moi. C’est difficile à croire qu’on puisse trouver des articles aussi dangereux un peu partout dans les quincailleries. Les propriétaires devraient être mieux informés des risques», statue-t-elle.

Elle a attendu quelques minutes après l’extinction complète de la flamme avant de procéder au remplissage du foyer. Elle croyait que le danger était écarté et qu’elle pouvait ajouter du gel en toute sécurité.

Le chef de division des pompiers de Drummondville, Yves Beaurivage, refuse de blâmer le foyer ou sa conception pour l’incendie. Selon lui, Mme Côté aurait dû s’assurer que le dispositif était bien éteint avant de procéder au remplissage.

«Ces appareils sont habituellement approuvés ULC [Conseil canadien des normes] et les consommateurs mis en garde. Est-ce que les indications sont assez claires ? Est-ce que ce sont les gens qui ne sont pas bien informés ? Est-ce que les détaillants devraient mettre plus d’efforts ? Ce sont des questions que l’on doit se poser», dit le pompier.

De nombreux accidents

Les pompiers de Drummondville ont dû intervenir à plusieurs reprises au cours des derniers mois, notamment pour des incendies de poêles à fondue, qui ont un fonctionnement similaire.

«Il y a de plus en plus d’incendies reliés à l’utilisation des poêles à l’éthanol. Nous devrons faire plus de sensibilisation», ajoute-t-il.

C’est la deuxième fois en autant de semaines qu’une personne est victime de son foyer à l’éthanol. La semaine dernière, un homme de 23 ans de Sainte-Julie a été brûlé en tentant lui aussi de remplir le réservoir de son foyer à l’éthanol.

- Avec la collaboration de Frédérique Giguère