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Poste frontalier de Lacolle

900 migrants hébergés temporairement à la frontière

Matthieu Payen | Agence QMI

Près de 900 migrants coincés à Saint-Bernard-de-Lacolle en attendant de rencontrer un agent des douanes forcent la mise en place d’un camp d’au moins 500 places.

«Pour vous donner une idée, 900 déjeuners ont été servis hier (mardi)», indique le président du syndicat des douaniers, Jean-Pierre Fortin.

Un chiffre sensiblement plus élevé que celui donné par les autorités qui parlent plutôt de 400 à 500 personnes en attente.

L’armée a toutefois été appelée en renfort mercredi matin pour installer 25 grosses tentes sur un terrain proche du poste frontalier. Une centaine de militaires des Forces armées canadiennes ont monté le camp qui pourra accueillir au total près de 500 personnes.

Désormais, ils pourront dormir quelques heures sur place en attendant que les douaniers fassent leurs vérifications de sécurité.

 

Une première

C’est la première fois qu’un camp de demandeurs d’asile est installé au Canada.

«Notre rôle se limite au montage des tentes avec un plancher rigide et à l’installation du chauffage et de l’éclairage», précise le major Yves Desbiens, des affaires publiques de l’armée.

Le camp devrait être pleinement opérationnel ce soir, puis les militaires retourneront dans leur base. Quelques-uns resteront sur place pour assurer l’entretien des tentes, mais ils ne s’occuperont pas du maintien de l’ordre sur place.

 

Par ailleurs, la fourniture de nourriture, eau, couches, toilettes et même des lits reste à la charge des services frontaliers.

«C’est l’été, mais les nuits sont fraiches parfois, alors on veut assurer à ces gens-là un confort de base. Nous sommes rendus à environ 250 migrants passant la frontière à Lacolle chaque jour et nous anticipons des volumes plus importants à venir», indique Patrick Lefort, de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).

200 dossiers par jour

Le syndicat des douaniers parle plutôt de 400 personnes franchissant quotidiennement de façon irrégulière la frontière en provenance des États-Unis.

«Avec nos moyens actuels, nous ne pouvons traiter que 200 à 225 dossiers par jour. L’attente pour les migrants est de 48 heures avant de parler à un agent, estime Jean-Pierre Fortin. Même si on faisait dormir 2000 personnes sur place, ça n’irait pas plus vite sans l’embauche de nouveaux agents.»

Actuellement, plus d’une centaine d’agents des douanes sont déployés à Saint-Bernard-de-Lacolle. La plupart sont postés au lieu de passage irrégulier du rang Roxham, ou au centre de vérification des demandeurs d’asile.

Ce dernier avait été installé en juillet pour faire face à l’afflux de migrants venus des États-Unis. Mais sa capacité de 100 à 150 personnes assises ne répondait plus aux besoins. Le syndicat parle même d’insalubrité dans les toilettes chimiques.

Un grand nombre des migrants qui entrent irrégulièrement au Canada sont des Haïtiens craignant que le gouvernement Trump révoque le permis temporaire de résidence qui leur avait été accordé à la suite du tremblement de terre de 2010.

Il était toujours impossible mercredi d’obtenir le nombre total de personnes qui ont passé les douanes irrégulièrement depuis le début du mois de juillet.

Huit centres d’hébergement à Montréal

•Stade olympique

•Résidence YMCA Westmount

•Édifice des Sœurs de la Providence

•Boscoville

•Centre de soin prolongé Grace Dart

•Centre communautaire Notre-Dame-de-Grâce

•Centre Booth de l’Armée du Salut

•Ancien hôpital Royal-Victoria

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