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Afflux de demandeurs d'asile

Couillard fait la leçon à Legault

Journal de Québec

S’il fallait aller au bout de la logique de François Legault, il faudrait «faire construire un mur» à la frontière canado-américaine afin d’y refouler les demandeurs d’asile, croit le premier ministre Philippe Couillard.

Après avoir fait le point sur la situation via sa page Facebook, tard vendredi soir - une expérience qu’il entend répéter plus souvent - M. Couillard s’en est pris directement au chef de la Coalition avenir Québec, samedi matin, en marge du 35e Congrès-Jeunes de sa formation politique qui débutait à Lennoxville.

«Si on va au bout de sa logique [...] bien on va faire un mur! N’est-ce pas M. Legault? Puis on va le faire payer par Haïti pourquoi pas! À un moment donné, il faut rester calme. Il faut exercer son sens des responsabilités», a dit le premier ministre.

Le chef libéral en veut notamment à M. Legault d’avoir comparé la frontière entre le Québec et les États-Unis à «passoire», ce qui «est faux», a signalé M. Couillard, puisque règle générale, pratiquement un réfugié politique sur deux se voit refuser sa demande d’asile.

Même s'il croit maintenant nécessaire de rectifier le message envoyé à ceux qui franchissent illégalement la frontière, «personne ne peut empêcher qui que ce soit de traverser», a déclaré M. Couillard.

M. Couillard s’est toutefois abstenu d’envoyer la pierre au premier ministre Justin Trudeau ou au maire de Montréal, Denis Coderre, qui au cours des derniers jours, ont multiplié les signes d’ouverture et d’accueil aux réfugiés politiques haïtiens.

«Je suis persuadé que M. Trudeau aussi tient à l’application rigoureuse de la règle de droit», a dit M. Couillard.

«Parler des étrangers»

Sans épargner l’opposition péquiste de Jean-François Lisée, le chef libéral a aussi reproché à M. Legault «de faire appel à la crainte des gens».

Il accuse les partis d’oppositions de «parler des étrangers» pour éviter d’avoir à discuter du bilan de son gouvernement en matière d’économie, entre autres, qu’il juge positif.

De son côté, à l’entrée du congrès de la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec, le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, a assuré qu’il n’y pas lieu de s’inquiéter pour la capacité du Québec de payer les dépenses engendrées par l’arrivée massive de demandeurs d’asile à la frontière.

«Aux contribuables qui s’inquiètent des coûts, je dois dire que le Québec assume des coûts inhérents à une situation humanitaire de logement temporaire, mais que ces coûts-là d’aucune façon ne risquent d’occasionner une charge que le Québec n’est pas en mesure d’assumer.»

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