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«Dysphorie»

Roxane Bruneau: la sensation musicale

TVA Nouvelles

En moins d’un  mois, Roxane Bruneau voyait son premier album, «Dysphorie», se hisser au sommet des ventes au Québec et atteindre la quatrième position au Canada. Véritable sensation du web, la chanteuse est suivie par plus de 85 000 abonnés sur Facebook.

La jeune femme, qui garde les deux pieds sur terre face à toute cette frénésie, n’a pas fini de voir son étoile briller.

Selon la définition du «Larousse», dysphorie est un trouble psychique caractérisé par une humeur oscillant entre la tristesse et l’excitation. Cette dernière émotion, Roxane Bruneau a toutes les raisons de la vivre depuis qu’elle a lancé son premier disque, en juin dernier, puisqu’il connaît un grand succès.

Loin de s’attendre à une telle frénésie, la chanteuse de 26 ans, qui occupe un emploi de 40 heures par semaine au service à la clientèle chez Telus, vit un beau rêve.

Des réseaux sociaux au disque

Originaire de Delson, Roxane Bruneau a commencé à faire de la musique à 12 ans alors qu’elle s’est retrouvée avec une vieille guitare entre les mains ayant appartenu à sa mère. «À l’adolescence, j’ai lâché ma guitare. J’étais un peu rebelle. Mais après ça, j’ai renoué avec ma guitare et mon sens de l’humour, et j’ai commencé à faire des vidéos sur internet. Au début, je n’assumais pas ma musique parce que c’était trop sérieux. Je faisais juste des vidéos de sketchs humoristiques et je mettais ça sur Facebook. C’est comme ça que mon gérant, Réjean Villeneuve, m’a connue. Mais quand il a entendu mes chansons, il a voulu que je fasse de quoi avec ça.»

C’était il y a trois ans. «De fil en aiguille, on a mis la chanson «Notre belle démence» sur ma page Facebook et elle a eu deux millions de clics. C’est là que je me suis dit que je pourrais peut-être faire de la musique.»

Après avoir frappé à beaucoup de portes, elle en est venue à collaborer avec Glen Robinson (Tori Amos et David Bowie) pour l’enregistrement et le mixage de l’album.

«Il (Glen Robinson) n’est pas bavard, mais c’est efficace. Il sait où il s’en va, alors tout le monde autour de lui sait où il s’en va. Jamais personne ne m’a dit de changer quoi que ce soit, et c’est quelque chose que j’ai adoré. On m’a conseillée, mais on ne m’a pas dénaturée.»

De sa plume bien acérée, elle aborde des thèmes comme le refus du conformisme, l’amour, la rupture, l’angoisse. «Pour «Notre belle démence», je me suis inspirée de mon vécu, mais des fois, j’ai l’impression que ce n’est pas moi qui ai écrit la toune parce que je l’ai écrite en braillant. Ça m’a pris 10 minutes.»

Ne qualifiant pas son style dans un genre prédéfini, la chanteuse dit s’inspirer de tout ce qui l’entoure, mais en précisant que, pour la chanson «Le secret», qui parle de violence conjugale, elle ne fait pas référence à son père.

A la une de «Fugues»

En juillet dernier, elle a fait la couverture de «Fugues», le magazine des gais et lesbiennes du Québec. «J’ai accepté parce que c’est destiné à la communauté LGBT; j’ai une grosse proportion de mon public qui vient de cette communauté-là. C’est sûr que j’appartiens à cette communauté-là, mais je me suis toujours dit que je n’avais pas envie que les gens disent: “Roxane Bruneau, la lesbienne.” Je veux que les gens disent: “Roxane Bruneau, la chanteuse.” Je n’ai rien contre personne, mais je n’ai pas envie de me faire juger pour ce qui se passe chez moi. Oui, je suis fière de ce que je suis, mais je ne me suis pas dit que j’allais faire la couverture de «Fugues» parce que je suis lesbienne. On me l’a proposé, et c’est super gentil de me l’avoir demandé.»

Mine de rien, en octobre et novembre prochains, Roxane Bruneau fera trois concerts à la Place des Arts, dont un qui affiche déjà complet.

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