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Saint-Bernard-de-Lacolle

Des militaires haïtiens pour aider les migrants

Benoît Philie | Agence QMI

BenoÎt Philie

Des militaires canadiens d’origine haïtienne ont été dépêchés à la douane de Saint-Bernard-de-Lacolle, en raison de leur connaissance du créole qui facilite le contact avec les migrants sur le terrain.

«Je dirais que 98 % du temps, je parle créole avec les migrants. La majorité comprend le français, mais quand ils m’entendent parler leur langue, leurs yeux s’illuminent. Ils sont rassurés», raconte le caporal Josaphat Nicolas-Marchal, à l’entrée du campement numéro deux, érigé lundi.

Quatre autres militaires d’origine haïtienne se sont joints hier à la centaine de soldats déjà présents sur le terrain, d’abord pour assurer la maintenance du camp, mais aussi pour établir un lien de confiance avec les migrants haïtiens, qui représentent la majorité des réfugiés.

Expérience

«Si je n’avais pas eu la chance de quitter Haïti à l’âge de 8 ans, j’aurais pu faire partie de ces gens-là. J’aurais sûrement fait le même chemin qu’eux», confie Nicolas-Marchal.

La caporale d’origine haïtienne Lynsaskia Clément raconte avoir parlé avec quelques réfugiés depuis son arrivée à la douane.

«C’est vraiment des petites conversations... comme d’où ils viennent, qui sont-ils et qu’est-ce qui les pousse à venir ici», dit-elle, ajoutant qu’ils sont tous en quête d’une meilleure vie.

Selon les militaires, certains migrants sont toutefois critiques des conditions de vie dans les camps.

«Mais rien de déraisonnable», dit le caporal Nicolas-Marchal.

Un troisième site d’hébergement d’environ 250 lits devait être monté en fin de journée hier, tout près des deux autres camps de 940 places au total, mais le propriétaire des lieux n’avait toujours pas donné son accord.

En attente

«On est en attente. L’Agence des services frontaliers essaie de s’entendre avec le propriétaire pour lancer l’établissement du camp», dit le major Alexandre Hottin au «Journal de Montréal».

Selon le militaire, les autorités envisagent la possibilité d’installer le troisième camp sur un autre terrain, situé du côté ouest de l’autoroute 15.

«Il y a un autre propriétaire qui est prêt à nous prêter son terrain, mais c’est un peu éloigné. Tout ce qui est au-delà de 200 ou 300 mètres de la frontière, c’est compliqué pour l’Agence en termes de logistique», dit le Major Hottin.

Selon lui, le deuxième campement érigé lundi devrait atteindre sa capacité maximale mercredi.

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