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Nouvelle piste de détection

La perte d’odorat : symptôme précurseur de l’Alzheimer?

TVA Nouvelles

Est-ce que la perte de l'odorat permettrait de détecter la maladie d'Alzheimer plus tôt? Des chercheurs montréalais semblent avoir fait une importante percée.

«Il y a un lien biologique entre les neurones qui relient les régions du cerveau impliquées dans la mémoire et la perception des odeurs», explique le directeur du programme de recherche sur le vieillissement de l’Institut Douglas, Judes Poirier.

«On a découvert que l’odorat nous permet de suivre la maladie alors qu’il n’y a aucun symptôme», précise-t-il.

Au total, 300 participants qui risquent un jour d'être touchés par cette maladie à cause de la génétique participent à cette recherche. Ils ont été soumis à de nombreux tests, dont un qui consistait à sentir des timbres odorants afin de reconnaître différentes odeurs.

Les chercheurs ont découvert que les personnes qui ont le plus de difficulté à reconnaître ces odeurs sont celles dont les biomarqueurs de la maladie d'Alzheimer sont les plus anormaux.

«À l'aide de ponction lombaire, on est allé mesurer la concentration de protéines qui représente la progression de la maladie dans le cerveau», relate Marie-Élyse Lafaille-Magnan, doctorante à l’université McGill et auteure principale de l’étude.

«Il y a ce qu'on appelle des neurotransmetteurs, des circuits électriques qui sont typiquement associés à la mémoire et à l'apprentissage qui ont des frères, pour ainsi dire, du côté de l'odorat», ajoute Dr Poirier.

Ces connexions de la mémoire et de l'odorat sont situées dans la partie arrière du cerveau et sont les premières affectées. Actuellement, l'Alzheimer peut être diagnostiquée seulement lors de l'apparition des symptômes.

«Les premières cellules à mourir commencent à mourir 10, 15 et même 20 ans avant l'arrivée des tout premiers symptômes», soutient Judes Poirier.

Si la perte de l'odorat devenait un outil permettant de détecter l'Alzheimer très tôt, les chercheurs pourraient se concentrer sur cet aspect et espérer développer un médicament pour ralentir considérablement la maladie.

Le directeur du programme de recherche sur le vieillissement avoue aussi que même si l’objectif ultime demeure de guérir la maladie, les chercheurs se sont donné un objectif plus humble. Il souligne que reporter la maladie d’Alzheimer de cinq ans éliminerait 50 % de tous les cas à travers le monde sur une période d’environ vingt ans.

«Ça serait un énorme accomplissement», confie-t-il.

Uniquement au Québec, il en coûte entre trois et quatre milliards de dollars par année pour lutter contre l'Alzheimer.

Les chercheurs espèrent maintenant intéresser les gouvernements fédéral et provincial et obtenir au moins 400 000 dollars au cours de la prochaine année afin de poursuivre leurs travaux.

Les gouvernements du monde entier devront investir 1000 milliards de dollars pour combattre la maladie en 2018. Ce sont 45 millions de personnes qui sont touchées par la maladie d’Alzheimer sur la planète.

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