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Ottawa-Gatineau

Des infrastructures patrimoniales en mauvais état

Christopher Nardi | Agence QMI

ARCHIVES, AGENCE QMI

Plus du quart des infrastructures patrimoniales fédérales de la région d’Ottawa-Gatineau tombent en ruine. En manque de fonds, l’organisation chargée de les maintenir sonne l’alarme face à cette «situation critique».

«Nous sommes à un moment charnière où on croit que c’est le bon moment de sonner l’alarme. Si on n’agit pas maintenant, la situation va rapidement devenir problématique [...]. Oui, la situation est rendue pire depuis les dernières décennies», a indiqué le porte-parole de la Commission de la capitale nationale (CCN), Nicholas Galetti.

Celui-ci réagissait en marge de la publication jeudi d’un audit du Vérificateur général du Canada (VG) qui révélait que 27% des actifs de la CCN étaient en état «passable, mauvais ou critique».

La CCN est l’organisme public qui gère la majorité des milliers d’immeubles et infrastructures patrimoniales dans la région d’Ottawa-Gatineau, dont six résidences officielles (incluant le 24 Sussex), deux ponts interprovinciaux et le parc de la Gatineau.

Or, le rapport indiquait que la Commission souffre d’un manque de financement depuis de nombreuses années qui ne lui permettait pas de réparer ses infrastructures à la même vitesse qu’elles se dégradaient.

«Si les actifs de la Société continuent à se détériorer, celle-ci pourrait ne pas s’acquitter de son mandat, et les actifs pourraient entraîner des risques pour la santé et la sécurité», avertit le rapport, qui critique la Commission d’avoir évité d’avertir le gouvernement fédéral de la gravité de la situation.

Plus de budget

Les conclusions du rapport du VG n’étonnent pas le porte-parole de la CCN, qui indique que le budget annuel de l’organisme a été coupé régulièrement depuis quelques années par le gouvernement fédéral.

Alors qu’Ottawa lui octroyait plus de 27 millions $ en 2013-2014, cette somme est tombée à 22,7 millions $ cette année.

«La situation est devenue critique [...] À date, on en faisait le plus possible avec les moyens qu’on avait en nous concentrant sur les projets critiques. Mais nos effectifs ont vieilli et les coûts de réparation augmentent, donc c’est rendu le moment charnière où on a besoin de plus de ressources», a indiqué M. Galetti.

Du côté du cabinet de la ministre du Patrimoine canadien, qui est responsable de la CCN, on refuse de s’engager à augmenter le financement de la Commission.

«Notre gouvernement s’attend à ce que tous les organismes gouvernementaux respectent les ressources budgétaires allouées. Comme pour toutes les demandes de nouveaux fonds, le gouvernement doit équilibrer les nombreuses pressions financières et les fonds disponibles», a indiqué par courriel le porte-parole Pierre-Olivier Herbert.