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Demandeurs d’asile

Au fédéral de payer pour «les invités de Justin Trudeau», dit Lisée

Marc-André Gagnon | Journal de Québec Marc-André Gagnon | Journal de Québec

Le Québec n’a pas à payer pour «les invités de Justin Trudeau» qui arrivent au pays en traversant illégalement la frontière, croit le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée.

«Depuis quelques jours, on essaie de savoir quelle sera la compensation fédérale pour ces invités de Justin Trudeau. [...] Ces invités de Justin Trudeau, pour moi, c’est le gouvernement fédéral qui devrait payer pour», a déclaré M. Lisée, lundi matin.

Cette semaine, environ 4000 chèques d’aide sociale seront distribués aux demandeurs d’asile qui entrent au Québec illégalement depuis la frontière canado-américaine depuis quelques semaines.

«Il le faut, ces gens-là sont ici, a statué M. Lisée. Ils sont en détresse. Ils ont été invités par Justin Trudeau. Il leur a envoyé un tweet disant à tous les persécutés du monde, "welcome to Canada".»

Selon le chef péquiste, le premier ministre Philippe Couillard aurait dû s’empresser de condamner les «déclarations irresponsables de Justin Trudeau» qui ont laissé croire aux demandeurs d’asile - des Haïtiens pour la plupart - qu’ils pouvaient quitter les États-Unis pour trouver refuge au Canada.

«Dans le cours normal des choses, on reçoit trois, quatre mille demandeurs d’asile par année. On a les capacités de le faire, on la volonté de le faire, on a l’obligation internationale de le faire, a nuancé M. Lisée, mais cette fois-ci [...] c’est au gouvernement fédéral de payer le surplus par rapport à la pratique normale.»

Une question de cohérence

Interrogé à ce sujet, le ministre de la Solidarité sociale, François Blais, a assuré que le Québec a non seulement les moyens d’aider financièrement les demandeurs d’asile, mais qu’il en a «l’obligation».

«Pour cette opération-là, c’est vraiment le Québec qui est l’acteur principal, a dit M. Blais [...] Ces personnes-là n’ont pas le droit de travailler. Donc il faut être cohérent, si on leur enlève le droit de travailler, pour le moment, il faut s’assurer qu’ils puissent subvenir à leurs besoins. Encore une fois, on est dans le respect des ententes du décret qui a été adopté en 1996.»

Le ministre Blais a expliqué que son gouvernement préfère pour l'instant se concentrer sur les services à offrir aux demandeurs d'asile.

«On verra plus tard. On est en train de tout colliger. [...] On calcule tout, puis on verra avec le fédéral», a dit M. Blais.

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