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Centre hospitalier de Ville-Marie

Forcée d'accoucher devant les portes barrées de l’hôpital

TVA Nouvelles 

Naika Jeannot a vécu un cauchemar le 31 mai dernier lorsque, sur le point d’accoucher, son conjoint Adoussalam Diallo et elle ont dû demeurer à l’extérieur du centre hospitalier de Ville-Marie dont les portes étaient barrées. Les élus du Témiscamingue ont réagi vivement à cette nouvelle lundi.

À 3 h du matin, le couple n’a pu entrer à l’urgence. M. Diallo a cogné et sonné à la porte, mais personne n’est venu leur ouvrir. Apercevant la tête du bébé, l’homme s’est résolu à aider sa conjointe à donner naissance devant l’entrée.

L’établissement avait fait le choix de laisser les portes barrées durant la nuit pour éviter que des sans-abris ne se réfugient à l’intérieur. Toutefois, le son de la sonnette est identique aux cloches d’appel des patients en observation. En entendant ce son, l’infirmière n’est donc pas allée directement à la porte de l’urgence.

 

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Abitibi-Témiscamingue a souligné que quatre minutes s’étaient écoulées entre l’arrivée du couple et leur prise en charge. Malgré la tournure des événements, le bébé est en bonne santé.

«On avait fait une demande verbale d’un agent de sécurité sur le site qui était restée lettre morte, a affirmé le maire de Ville-Marie Bernard Flébus. J’ai maintenant pris la peine d’écrire une lettre pour demander formellement un agent de sécurité.»

«C’est un manque de respect envers notre population, a dit Arnaud Warolin, préfêt du Témiscamingue. Comment peut-on faire pour attirer de nouveaux citoyens si on ne peut même pas s’assurer que l’urgence est ouverte et qu’une femme se retrouve à accoucher dans la rue. C’est quelque chose qui me met hors de moi.»

Cette situation est inquiétante, mais une femme enceinte de 41 semaines interrogée par TVA Nouvelles a assuré qu’il n’y aurait pas de problème dans son cas.

«C’est sûr que c’est désolant ce qui est arrivé. On souhaite que des mesures soient prises pour éviter ça. De notre côté, on s’est dit qu’on allait appeler l’hôpital avant d’arriver», a-t-elle dit.

Le CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue a assuré que le son de la sonnette à l’entrée sera changé et que les portes demeureront débarrées. Avec ces mesures, l’établissement est convaincu que cette situation ne se reproduira plus à l’avenir.