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Se séparer de ses parents

Dure rentrée pour les enfants d’inondés

Geneviève Quessy | Agence QMI 

Marc DesRosiers

Des enfants dont la maison a été inondée le printemps dernier doivent parfois se séparer de leurs parents pour pouvoir fréquenter la même école que l’année dernière puisque leur maison est toujours inhabitable.

Après les inondations du mois de mai qui ont complètement détruit leur résidence de Gatineau, Mylène Bigras et sa famille se sont réfugiées à leur chalet de Bristol, situé à 45 minutes de route.

La situation était parfaite pendant l’été, mais avec la rentrée scolaire, ses deux enfants doivent retourner habiter à Gatineau.

Sa plus vieille, âgée de 20 ans, a loué un logement avec son copain et elle doit loger sa sœur de 15 ans.

«C’est ma plus vieille de 20 ans qui a fait la rentrée scolaire avec ma plus jeune», dit-elle.

La mère de famille n’avait pas prévu se séparer de ses enfants aussi rapidement.

«Notre maison doit être démolie et on n’a pas trouvé à se reloger au centre-ville de Gatineau.»

Chez sa tante

Leur fille la plus vieille a choisi d’aller habiter avec son copain en appartement ; leur plus jeune de 15 ans y habite temporairement, en attendant de prendre une chambre chez sa tante. Mais tout cela n’était pas du tout dans les projets de Mylène Bigras et Patrice Gravelle, qui souhaitaient garder leur famille unie plus longtemps.

«Ça me fend le cœur. Elles m’appellent en pleurant pour me dire qu’elles s’ennuient de nous. Ma famille est dispersée, nos projets de vie bouleversés», raconte la dame, qui doit de plus faire le deuil de la maison où elle a grandi elle-même, puis élevé sa famille.

À Rigaud, Thomas Bussière, 16 ans, vit aussi sa rentrée scolaire à reculons.

«Je suis tanné. Je n’ai pas de chez-nous. Quand est-ce que ça va revenir à la normale ?». demande-t-il souvent à sa mère, Maryse Nadeau.

C’est qu’en plus d’être fatigué d’avoir passé l’été à ramasser des débris et faire de la démolition, l’adolescent vit depuis quatre mois dans la même chambre d’hôtel que sa mère.

«Je le sens fatigué, irritable. On n’a aucune intimité. Il n’y a pas de bureau dans la chambre, pas de sofa, il doit s’asseoir sur le lit pour étudier. On n’a pas non plus de laveuse, alors je dois laver les chemises de son costume d’école tous les jours dans le bain et les suspendre pour les faire sécher», a-t-elle dit.

Puisque l’hôtel n’est pas à proximité, la dame doit faire 40 minutes chaque matin et soir pour le conduire à l’école.

Mais le pire, c’est qu’ils ne savent toujours pas si leur maison devra être démolie, et quelle sera la suite des choses.

«Je souhaite vraiment pas ça à mon pire ennemi», dit madame Nadeau.

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