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Afflux de demandeurs d'asile

«Invités de Justin Trudeau»: Lisée persiste et signe

Patrick Bellerose | Agence QMI 

Malgré les critiques de son propre camp, Jean-François Lisée maintient ses propos sur les «invités de Justin Trudeau».

«Ceux qui veulent entendre de la langue de bois [ne] sont pas à la bonne adresse en me parlant à moi. Moi, je dis les choses telles qu’elles sont», a-t-il déclaré mercredi matin à l’entrée du caucus présessionnel du Parti québécois qui se tient jusqu’à jeudi à Saint-Eustache.

Le chef péquiste est sous le feu des critiques depuis qu’il a déclaré en début de semaine qu’Ottawa devrait assumer les frais liés à l’afflux important de migrants à la frontière canadienne puisqu’ils sont les «invités de Justin Trudeau».

Il reproche au premier ministre canadien d’avoir tweeté «Welcome to Canada» à l’intention des réfugiés potentiels.

Sans retirer ses propos, le chef péquiste ajoute maintenant que les demandeurs d’asile qui fuient les États-Unis sont des «victimes de l’invitation de Justin Trudeau». Le premier ministre du Canada a créé de «faux espoirs», ajoute-t-il, puisque nombre d’entre eux seront refusés.

Tirs amis

La sortie de Jean-François Lisée a créé un malaise au sein des rangs souverainistes. «J’aurais préféré qu’on n’ait pas l’usage de ces mots-là», a commenté le député péquiste François Gendron mercredi matin.

La veille, l’ex-chef intérimaire du Parti québécois, Louise Harel, a également qualifié d’«indignes» les propos de Jean-François Lisée, en plus d’exprimer sa «profonde déception».

«Il ne faut pas s’en prendre à ces personnes, qui sont plutôt les victimes de déclarations que M. Trudeau a faites», estime Louise Harel.

Québec solidaire et Option nationale ont aussi dénoncé les propose du chef péquiste, dans une lettre ouverte dans le quotidien «Le Devoir». Les deux formations politiques accusent Jean-François Lisée de «stigmatiser les demandeurs d’asile pour gagner des votes».

«Les vraies questions»

Malgré ces vives critiques, Jean-François Lisée persiste et signe. «Moi, je suis authentique : je dis ce que je pense et je pense ce que je dis, a-t-il ajouté mercredi matin. Et je sais que les gens qui nous écoutent disent ‘‘Lisée pose des bonnes questions et dit les choses correctement’’.»

«Il y a une rectitude politique, des gens qui disent il ne faut pas parler de ces choses-là, poursuit-il. Il ne faut pas poser ces questions-là, parce que ça fâche. Mais, c’est les vraies questions et moi je vais continuer à poser les vraies questions.»

Après avoir appris, en mi-journée, que la voiture du président du Centre culturel islamique de Québec a été incendiée, Jean-François Lisée s’est défendu d’alimenter l’extrême droite avec ses propos sur les immigrants.

«Je suis avec Régis Labeaume et plusieurs autres en disant "la liberté d’expression, elle est essentielle", a-t-il ajouté après avoir vivement dénoncé l’incident. Nous allons continuer à nous exprimer sur tous les sujets importants pour les Québécois.»

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