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Michée Roy coupable d’homicide involontaire

Mort de son bébé: la poursuite réclame 12 à 14 ans de pénitencier

Jean-François Desbiens | TVA Nouvelles

Coupable de l'homicide involontaire de son bébé âgé d'à peine deux mois, Michée Roy était de retour devant la juge Claire Desgens pour les représentations sur sa peine, mercredi, au palais de justice de Sherbrooke.

En 2015, lors du jour de l'An, l'accusé de 37 ans a secoué son petit garçon de 69 jours à sa résidence de Richmond, lui infligeant de graves lésions au cerveau. Hospitalisé dans un état neurovégétatif, le petit Kylen est décédé six mois plus tard.

Mercredi matin, le chef de l'unité de la prison de Sherbrooke, Carl Lavoie, a raconté le moment où sa conjointe l'a appelé pour lui apprendre le décès du poupon en juin 2015.

Michée Roy serait demeuré anormalement calme et aurait démontré peu d'émotions, aux dires du constable. Selon ce qu'il a consigné à son rapport, Michée Roy aurait dit à sa conjointe: «Fais-le brûler au plus crisse, ma mère connaît quelqu'un. Il faut que tu règles ça le plus vite possible.»

Après une rencontre avec l'aumônier, l'accusé aurait insisté pour parler à son avocat.

Des intervenants en milieu carcéral ont aussi confirmé que, depuis son incarcération en février 2015, Roy a été impliqué dans une vingtaine de manquements disciplinaires de sa part, la moitié concernant des événements violents.

Depuis 1998, Michée Roy accumule les antécédents judiciaires. L'homme de 37 ans a été trouvé coupable de 59 chefs d’accusation différents, dont une demi-douzaine en lien avec des crimes violents.

En raison de l'absence de remords, de ses antécédents de violence et du fait qu'il a tendance à se considérer comme une victime plutôt qu’à prendre les moyens pour se réhabiliter, Me Marie-Line Ducharme, procureure aux poursuites criminelles, a plaidé qu’une peine d'emprisonnement de 12 à 14 années ne serait pas déraisonnable.

Qualifiant les événements de geste isolé et non prémédité et insistant sur le fait que l'enfant n'avait jamais été violenté avant que ne survienne cette perte de contrôle inexplicable de la part de l'accusé, Me Félix-Antoine Doyon a plutôt estimé qu'une peine de sept ans servirait davantage les fins de la justice.

La juge Claire Desgens prononcera la sentence le 25 septembre prochain.

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