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Scrutin de novembre

Le maire de Sainte-Adèle risque la destitution s’il est réélu

Matthieu Payen | Agence QMI

Gracieuseté

Le maire de Sainte-Adèle pourrait être jugé inhabile à siéger après le scrutin s’il est réélu en novembre prochain.

Le maire Robert Milot a été reconnu coupable en avril dernier de manœuvre électorale frauduleuse.

Il a sollicité une entreprise pour faire un don de 100 $ à la Coalition avenir Québec en janvier 2014. Il a reçu un constat d’infraction après son élection à la mairie en avril 2016.

Il a depuis fait appel de cette décision devant la Cour supérieure. Les procédures devraient reprendre le 8 novembre, soit quelques jours après les prochaines élections du 3 novembre pour lesquelles M. Milot est à nouveau candidat.

Inhabile

Si son appel est rejeté, il pourrait être reconnu inhabile à siéger au poste de maire pendant cinq ans.

«C’est incroyable de voir comment il s’en sort. Il a banalisé son infraction en disant à tout le monde : “C’est juste 100 $”. Mais la Loi électorale n’est pas une option», dit son ancien adversaire Pierre Morabito, qui précise qu’il n’est pas candidat aux prochaines élections pour le moment.

Deuxième infraction

Le Directeur général des élections (DGEQ) a de plus expédié le 9 août dernier un deuxième constat d’infraction à M. Milot pour avoir contrevenu à la Loi électorale, une faute qui pourrait également le mener à être jugé inhabile à siéger.

Le DGEQ croit que Robert Milot a transmis peu après son élection à la mairie en avril 2016 «un rapport de dépenses électorales incomplet ou qui contenait une mention ou un renseignement faux», peut-on lire dans le constat d’infraction.

«L’amende minimale est de 5000 $», précise le constat.

S’il est déclaré coupable, M. Milot pourrait également perdre le droit d’être maire ou candidat à des élections pour une période de cinq ans.

Ce sont les ex-adversaires de M. Milot à la course à la mairie, Lise Gendron et Pierre Morabito, qui sont à l’origine de la plainte au DGEQ.

«Je prends la responsabilité de cette plainte, mais je ne pensais pas que ça ferait l’objet d’accusations de manœuvre électorale, dit Mme Gendron. J’ai découvert de multiples irrégularités dans ses comptes de campagne. Ma plainte faisait 71 pages.»

«M. Milot avait à son service une directrice des communications, mais elle n’apparaissait nulle part dans son rapport de dépenses», cite en exemple M. Morabito.

Mme Gendron et M. Morabito ne souhaitent pas en dire davantage, car M. Milot les a mis en demeure de ne plus s’exprimer sur le sujet.

Joint par téléphone, le maire de Sainte-Adèle dit qu’il va plaider non coupable à cette nouvelle accusation et qu’il la contestera devant la Cour du Québec.

«C’est de l’acharnement», assure-t-il.

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