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Projet-pilote au CHU Sainte-Justine

Québec s’attaque aux allergies alimentaires

Agence QMI

Une clinique d’immunothérapie orale (ITO) sera implantée au CHU Sainte-Justine, à Montréal, dans le cadre d’un projet-pilote de trois ans visant à s’attaquer aux allergies alimentaires, le deuxième problème de santé le plus fréquent chez les enfants québécois après la carie dentaire.

Dotée d’une enveloppe de près de 800 000 $, la clinique permettra, croit-on, d’améliorer la qualité de vie de quelque 60 000 jeunes.

Les allergies alimentaires touchent 10 fois plus d’enfants qu’il y a une décennie dans la province, et le tiers d’entre eux sont intolérants à plus d’un aliment.

Cette ressource, a-t-on précisé jeudi par communiqué, permettra d’offrir un «nouveau traitement qui consiste en une administration de doses progressives d'allergène par voie orale sur une période prolongée en vue d'une désensibilisation ou d'une tolérance accrue».

Jusqu’à 225 enfants allergiques seront traités durant la première année, alors qu’au moins 275 pourraient l’être dans les deux années subséquentes.

«Notre but lors de la première journée, c'est de commencer avec des microdoses, puis d'amener le patient à tolérer une petite quantité de l'aliment», explique le docteur Philippe Bégin, allergologue au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine.

Non seulement entend-on protéger les enfants face aux réactions alimentaires, mais on veut à terme réintégrer l’aliment problématique dans une diète normale et même guérir l’allergie de façon définitive ou atteindre un niveau de tolérance soutenu. Les taux de succès sont de 80 % pour les deux premiers objectifs, alors qu’il n’est que de 50 % en ce qui a trait au niveau de tolérance soutenu.

«Les allergies chez les enfants, en plus d'affecter sérieusement leur qualité de vie ainsi que celle de leur famille, représentent un réel danger pour leur santé, voire pour leur vie, a dit le ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Il est donc crucial que nous prenions les moyens pour fournir les meilleurs traitements en vue de possiblement les guérir, du moins de les aider à mieux vivre avec ce problème de santé.»

L’équipe du CHU Sainte-Justine devra aussi réfléchir à la possibilité que ces soins et ces services, financés par Québec, soient étendus à l’ensemble du réseau de la santé de la province. Quant au volet formation et recherche du projet-pilote, il sera soutenu par des activités philanthropiques menées par l’association ByeByeAllergies et la Fondation Sainte-Justine.