/news/culture

Entrevue père-fille

Normand et Marguerite D’Amour: Pour l’amour du jeu!

Michèle Lemieux | Agence QMI

Sébastien St-Jean / Agence QMI

La pomme, semble-t-il, ne tombe jamais loin de l’arbre... Avec des parents acteurs, Marguerite D’Amour a grandi dans les coulisses. Inspirée par sa mère, Pascale Montreuil, et par son père, Normand D’Amour, la jeune fille de 15 ans souhaite suivre les traces de ses parents.

C’est avec son père que nous l’avons rencontrée pour parler de ses projets.

Marguerite, à 15 ans, tu as déjà quelques expériences à ton actif. Peux-tu nous donner une idée de ton parcours jusqu’à maintenant?

Marguerite: J’ai commencé à faire du doublage à huit ans. À la télé, j’ai tenu le rôle de Mela dans «Les Argonautes» pendant trois ou quatre ans. J’ai joué dans deux courts métrages. J’ai passé récemment plusieurs auditions pour la télé et le cinéma, et j’attends des nouvelles.As-tu toujours su que tu avais envie de faire comme tes parents?

M.: Oui. Lorsque j’étais petite, je demandais constamment à mes parents si je pouvais jouer, mais ils ne voulaient pas. Beaucoup d’enfants acteurs voient leur rêve changer en vieillissant. Mes parents voulaient s’assurer que ça ne soit pas passager. Finalement, c’est vraiment ce que je veux faire.Normand: Il faut dire que Marguerite a du talent! La première fois qu’elle a fait du doublage, nous avons vu que c’était inné chez elle. Marguerite nous a suivis partout. Lorsque nous jouions dans «Le blues d’la métropole», Pascale et moi, elle avait sept ou huit ans. Elle voulait monter sur scène, elle aussi.M.: À trois reprises, j’ai participé au spectacle, même si ça n’avait rien à voir avec la pièce. On m’a laissée vivre une expérience de scène.N.: À huit ans, avec tes parents, devant 1800 personnes...M.: J’ai toujours été à l’aise sur scène et sur un plateau. Je suis mon père depuis que je suis toute petite! Ça m’a habituée à cet univers.Normand, en tant que père, comment as-tu accepté le choix de ta fille?

N.: En raison de son talent, de sa répartie, de l’aisance dont elle fait preuve avec les gens, j’ai compris que c’était pour elle. Si elle veut faire carrière dans ce domaine, alors pourquoi pas? Je ne vais pas l’empêcher de faire ce métier en lui disant que c’est trop difficile car, pour moi, ça ne l’a pas été. J’ai été très chanceux et très privilégié, et je lui souhaite la même chose.Comment ta mère entrevoit-elle ce choix de carrière?

M.: Je crois qu’elle a la même opinion que mon père. Elle ne va pas m’empêcher de faire quelque chose que j’aime. C’est ma mère qui gère la plupart de mes horaires. Chaque fois que j’ai un nouveau truc au programme, je dois la consulter, car c’est elle qui sait exactement s’il y a conflit ou non.En contrepartie de ses engagements, insistes-tu pour que ta fille poursuive ses études?

N.: Oui, et si elle veut faire ce métier, j’aimerais beaucoup qu’elle poursuive ses études dans une école de théâtre. Il y a plusieurs jeunes dans ce métier qui ne sont pas passés par une école et c’est très bien, mais comme Marguerite aimerait faire du théâtre, je considère qu’elle doit nécessairement étudier dans une école de théâtre. Sinon, c’est difficile d’y arriver. Après ses études secondaires, elle pourra poursuivre au cégep ou voyager pour voir un peu la vie. Ça lui permettrait de ne pas arriver à l’école de théâtre à 16 ans. Moi, j’y suis arrivé à 18 et je crois que c’était une bonne chose.Es-tu admirative de ce que ton père fait?

M.: Oui... mais je ne regarde pas tout ce qu’il fait. J’aimais bien «Yamaska», j’ai vu des films. Je suis admirative de mes deux parents, ce sont mes modèles. Comme ils font le métier que je souhaite faire, je prends exemple sur eux. Mon père me donne plein de conseils lorsque je passe des auditions et ma mère, lorsque je fais du doublage. Ça m’aide d’avoir mes deux parents dans ce métier.Quel est le meilleur conseil que ton père t’ait donné?

M.: De ne pas tenir compte de ce que les autres pensent.N.: La seule personne qui sait vraiment qui tu es, c’est toi-même. Pour faire un métier public, il faut relativiser les commentaires...M.: Oui, et j’ai toujours été capable de le faire. Ce métier vient avec des critiques, parfois des insultes. Je pense qu’il ne faut pas prendre ça trop au sérieux. Il faut être soi-même et ne pas s’en faire avec ce que les autres pensent.N.: J’ai confiance en Marguerite: elle est forte, elle a un front de boeuf et elle a confiance en elle. Je suis fier d’elle.Consacrez-vous du temps à des activités père-fille?

N.: Je suis des cours de yoga avec ma fille. Elle passe une heure et demie à rire de son père, qui est souple comme une barre à clous! (rires) Au moins, je la fais rire et je fais rire la majorité des participants. Nous avons suivi quelques cours ensemble jusqu’à maintenant, et nous comptons poursuivre. C’est moi qui ai proposé que nous fassions du yoga. Je n’en avais jamais fait et j’avais envie d’explorer cette discipline. Marguerite et moi allons au cinéma et nous adorons aller manger une glace. Nous faisons toutes sortes d’activités ensemble.Normand, as-tu beaucoup tourné durant l’été?

N.: Non, j’étais vraiment en congé. Depuis l’arrêt de «Yamaska», de «Subito

Texto» et de «Mensonges», c’est plus calme. Je serai de retour dans «Ruptures». J’adore tenir ce rôle! Mon personnage «pognera une débarque» cette année, semble-t-il, et c’est parfait. Enfin, je l’espère! J’ai aussi quelques tournages pour des jeux télévisés. Sinon, je suis au théâtre chez Duceppe pour le premier et le dernier spectacle de l’année, «Quand la pluie s’arrêtera» et «Le bizarre incident du chien pendant la nuit». Je suis très gâté. Je ne veux pas m’en faire. Je sais que certaines choses viendront sous peu. Je vais profiter de cette accalmie pour faire plein de choses, comme apprendre des langues. Je veux apprendre l’italien et l’espagnol afin de pouvoir me débrouiller dans un pays étranger. Je suis toujours associé dans les pubs ludiques Randolph et dans la boutique Randolph, où nous faisons de la vente et de la location de jeux. Il ne manque que le cinéma. Je me le souhaite!Normand D’Amour sera de retour dans «Ruptures» à Radio-Canada à l’hiver 2018. On s’informe sur les pubs ludiques Randolph à randolph.ca. «Quand la pluie s'arrêtera», du

6 septembre au 14 octobre, chez Duceppe.