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Cinq ans après l'attentat du Métropolis

«Je ne pourrai jamais l'oublier» - Dave Courage

TVA Nouvelles

Cinq ans après avoir été atteint par une balle lors de l'attaque au Métropolis, Dave Courage se souvient clairement de ce tout qui s'est passé. Même après tout ce temps, il n'a rien oublié.

«Cinq ans après, l'affaire que je me rappelle le plus, c'est clairement du coup de fusil et la boule de feu», a-t-il raconté à Denis Lévesque.

Il se trouvait à l'extérieur quand Richard Henry Bain est arrivé à la salle de spectacle dans l'intention de tuer la nouvelle première ministre, Pauline Marois.

 

Il a tiré sur Denis Blanchette, le collègue et ami de Dave. Celui-ci est décédé de ses blessures. Dave a été atteint par la même balle qui a tué son ami.  

«Il y a un projectile qui m'a traversé la hanche d'un côté à l'autre sans que je sache que c'était un projectile, sans que je sache que c'était un coup de fusil, dit-il. Dans ma tête c'était juste la douleur dune source inconnue avec un danger immédiat en face de moi qui était la flamme. Sur-le-champ, je n’ai rien d'autre dans la tête, sauf que je fais mes prières.»

Il n'a jamais vu son assaillant et ne comprenait pas du tout ce qui venait de se produire. Il a ensuite vu l'énorme boule de feu, celle créée par le cocktail Molotov lancé par Bain. Alors qu'il craignait de se brûler, des gens l'ont aidé. Une femme s'est ensuite occupée de lui.

 

«Elle m'a pris la tête et m'a parlé pour me calmer tout le long. Ça m'a permis de respirer et de voir la situation pour ce qu'elle était. C'était quelque chose de tragique qui se déroulait. La seule chose que je savais, c'est que ce n’était pas le fun», ajoute Dave.

Après avoir été blessé, Dave est resté un moment allongé au sol pendant que Marie Barrette, l'attachée de presse de Mme Marois était à ses côtés. Elle n'a raconté ce qui s'est passé que dans le livre de Dave Courage et Denis-Martin Chabot.

Une balle, deux victimes

La balle qui a gravement blessé Dave a d'abord atteint Denis, elle a traversé son coeur et s'est logée dans le corps du jeune technicien. C'est désormais quelque chose qui le lie à jamais à son collègue décédé.

«C'était déjà mon ami, on avait tissé des liens assez profonds, vu qu'il est décédé, j'ai partagé la balle qui l'a tué. Je vais le garder à coeur longtemps. [...] Je ne pourrai jamais l'oublier. Je ressens chaque jour. Je ne pourrai jamais l'oublier», assure-t-il.

Dave dit qu'il a l'intention de prendre des nouvelles de la fille de Denis Blanchette, mais pas tout de suite. Il croit que le moment n'est pas encore le bon.

Long calvaire

La première semaine à l'hôpital a été surréelle pour Dave qui avait l'impression d'être dans un film. Il dit qu'il a somme toute été bien traité, particulièrement par la dame qui s'est occupée de lui après la colostomie.

«Elle m'a traité avec beaucoup d'amour et de respect. Elle m'a vraiment aidé à travers ça, parce qu'une colostomie, ce n’est pas facile», dit-il.

La balle qui a atteint Dave a fait de graves dommages. Elle a traversé sa hanche, explosé son coccyx et sectionné son rectum. Son rétablissement a été long.

Aujourd'hui, il est victime de douleurs chroniques. «Tu ne peux même pas dire je vais avoir mal si je fais ça, parce que des fois tu fais ça tu n'as pas mal, des fois tu ne fais rien et tu as mal», explique Dave.

Il ne peut toujours pas travailler. «Non, j'ai essayé plusieurs fois d'entreprendre des tâches physiques, même voir si je pourrais faire les choses assis à journée longue, mais c'est pas vraiment facile», ajoute-t-il.

Pas un héros

Dans le livre «Dave Courage, survive à l'attentat du Métropolis», il a tenu à rectifier certains faits. Contrairement à ce qui a été dit dans les médias, il dit ne pas avoir agi en héros.

«Ça aurait été hypocrite, menteur, mais ça aurait été égoïste. Je n'étais pas le seul qui était là. Je suis le seul qui a survécu, qui a été atteint par une balle, mais on était 13 techniciens, on était plusieurs personnes qui étaient là, et eux, je peux te le dire, ils en souffrent autant que moi. Ce n'est pas juste moi qui ai survécu. On est tous des survivants», affirme Dave.

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