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Centre Bell

Depeche Mode chauffe les esprits

Caroline Vigeant | Agence QMI

Décidément, la foi des adeptes de Depeche Mode est inébranlable. Malgré un lent décollage, le groupe britannique a néanmoins su chauffer les esprits au Centre Bell mardi.

D’ailleurs, la troupe électro-rock, qui cumule 37 ans d’expérience, a augmenté son nombre d’ouailles dans la métropole. Alors que son dernier passage en 2013 avait attiré près de 12 400 personnes, on en a dénombré presque 15 700 cette fois-ci.

«Spirit», le titre de son sombre 14e album studio sorti en mars, se veut autant un appel à l’esprit frondeur qu’un éveil à la spiritualité. Honnêtement, il fallait y adhérer pour s’être déplacé. Non seulement parce que cinq de ses pièces étaient inscrites au programme, mais surtout parce que celui-ci, au final, en a été teinté de bord en bord. Le ton a d’ailleurs été donné avant même la levée de rideau, tandis que la pièce «Revolution» des Beatles jouait en trame de fond.

Tomber la veste

Ce n’est pas l’énergie qui manquait à Dave Gahan, 55 ans, le meneur du trio qui comprend également le compositeur principal et guitariste Martin Gore et le claviériste Andy Fletcher, épaulés ici par Christian Eigner à la batterie. Surplombant d’abord ses comparses, le chanteur les a rejoints sur «Going Backwards», se trémoussant de long en large sur la scène, s’attrapant l’entrejambe à l’occasion. Au bout de ce premier titre, sa veste était déjà tombée au sol. Ont suivi «So Much Love» et «Barrel of A Gun», cette dernière au son malheureusement trop bancal.

«A Pain That I’m Used To» a donné lieu à des tapements de mains. Mais pour faire converger les forces, on se serait attendu dès le départ à une chanson fédératrice de la trempe de «World in My Eyes» de l’album «Violator» (1990). Grâce à celle-ci, qui s’est laissé désirer - septième en liste -, l’assistance a été prise d’un premier véritable élan.

Enfin l’état de grâce

À son tour sous les projecteurs pour deux chansons comme à son habitude, Martin Gore a invité la foule à se recueillir sur une version piano-voix de l’incontournable «A Question of Lust» - véritable moment chorale - avant d’enchaîner avec «Home».

L’atmosphère, pas encore assez haute en altitude, est aussitôt retombée avec le retour en piste de deux pièces dernier opus. Les classiques «Just Can’t Get Enough», «People Are People» et «Policy Of Truth» auraient-ils trop détonné du lot pour pouvoir y trouver une place? N’empêche qu’on aurait aimé les entendre.

C’est réellement quand le tube du début des années 1980 «Everything Counts» a fait irruption que ceux ayant payé leur billet à prix fort ont cessé d’espérer cet instant de grâce qu’allaient immanquablement leur procurer «Enjoy the Silence» et «Never Let Me Down Again». Au rappel, nul doute que «Personal Jesus», offerte après «Heroes» du regretté David Bowie dont l’influence est indéniable sur Depeche Mode, conforterait les fidèles dans leur foi.