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Drame familial à Bécancour

La mère de l’enfant accusée de meurtre prémédité

Agence QMI et TVA Nouvelles

Une jeune mère du Saguenay-Lac-Saint-Jean a reconnu mardi avoir tué et mis à la poubelle son nouveau-né en février 2015.

Marie-Pier Normand-Lejeune, 25 ans, est donc condamnée à une courte peine de quatre mois de prison après une détention préventive de 30 mois pour avoir tué son bébé à la naissance, le ou vers le 20 février 2015 à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix.

Une accusation de meurtre au deuxième degré, punissable d’emprisonnement à perpétuité, a été remplacée par un plaidoyer de culpabilité sur une accusation moindre d’infanticide, basée sur un déséquilibre mental conséquent à son accouchement et punissable d’un maximum de cinq ans.

L'enfant était vivant

L’enfant, un garçon né «vivant et viable», a respiré avant d’être jeté à la poubelle et disposé dans une benne extérieure alors que le mercure atteignait les -30 °C.

Selon la déclaration de la mère déficiente mentale et consommatrice d’amphétamines, sa grossesse a été cachée à son conjoint et sa belle-mère chez qui elle habitait.

Les relevés pharmaceutiques ont indiqué une prise irrégulière et sporadique d’anovulants.

Le soir du 19 février, elle a ressenti des contractions et s’est rendue accoucher dans la salle de bains. Elle a coupé le cordon avec un rasoir. Elle aurait cru que l’enfant ne bougeait pas et que son désir d’accoucher d’un enfant mort-né avait été exaucé. Elle a pris le petit garçon de 3,4 kg, l’a mis dans un sac de plastique et l’a placé aux ordures.

La mère a persisté de nier sa grossesse et son accouchement jusqu’à l’hôpital où elle a été reçue pour des saignements importants. Les médecins ont constaté la présence du placenta, d’une partie du cordon ombilical et appelé la police pour retrouver l’enfant, mais il était trop tard.

Détention préventive

La mère a été détenue à l’institut Leclerc et a entrepris diverses thérapies. Mardi, elle a lu en pleurant une courte déclaration à la juge Manon Lavoie de la Cour supérieure dans laquelle elle a exprimé des regrets.

Ses avocats de l’Aide juridique ont justifié sa longue détention préventive par l’impossibilité de fournir une adresse fixe. Toutes les demandes d’hébergement qu’ils ont faites ont été refusées. La mère a un autre enfant que la DPJ lui a retiré avant sa deuxième grossesse.

Les quelques mois qui restent à purger serviront à lui trouver un logement, puis à l’encadrer pendant les trois années subséquentes.

La juge Lavoie a souhaité bonne chance à la mère mardi. «Toute votre vie, vos remords risquent de côtoyer vos regrets.»

La jeune femme a ensuite exprimé le désir de voir sa mère. «J’ai besoin de ma mère avec moi. Elle me manque vraiment beaucoup. C’est mon meilleur soutien», a déclaré la mère infanticide.

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